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Bien-pensance et penser faux en Mai 2013 : avec le « socialisme nouveau », la France s’alanguit et l’Europe patauge !

 

Bien-pensance et penser faux  (Mai 2013) : où en est l’Europe ? La France a perdu l’initiative et l’Europe patauge alors que le monde avance !

L’euro n’a pas disparu et l’Europe n’a pas éclaté contrairement aux prédictions de nos pythies, l’ineffable Jacques Attali ou nos économistes « déclinistes », quelques-uns de droite mais plus encore de gauche, ou encore ceux qui, handicapés par une vision limitée de l’avenir, souhaitaient le chaos européen de la droite souverainiste à l’extrême gauche « révolutionnaire ». Il fallait un sacré courage et beaucoup de foi en l’avenir pour résister à ce raz de marée de pessimisme européen et aux assauts des marchés inquiets de ce manque de foi européenne des européens eux-mêmes.

Au contraire, la situation semble se consolider et les pays qui ont été les plus secoués par la crise financière et les mesures de sauvegarde consécutives (Irlande, Portugal, Italie, et même Espagne et Grèce), commencent à retourner sur les marchés, signe que la confiance revient dans leurs économies devenues plus compétitives et donc dans leur leur capacité à redresser leur situation économique et financière. Le fait notable est qu’il n’y a plus eu de réunion de crise depuis le Traité de stabilité de Mars 2012 promu par Nicolas Sarkozy et Angela Merkel sauf pour le cas assez spécial et assez rapidement circonscrit de Chypre, signe que les marchés et l’euro se sont réconciliés au point que la Commission européenne vient de relâcher la pression sur les « mauvais élèves » y compris la France à qui elle vient d’accorder un sursis de deux ans pour rentrer dans les limites budgétaires de Maastricht.

Le problème est maintenant de régler convenablement la combinaison optimale permettant d’assurer à la fois croissance et redressement financier par des politiques équilibrées qui ne provoquent pas la récession ni ne cassent les perspectives de croissance mais permettent de redonner à nos économies les capacités compétitives dont elles auront besoin à l’avenir pour faire face à la compétition des nouveaux acteurs mondiaux. C’est en particulier le dilemme de la France dont la situation compétitive est très dégradée et qui n’a encore mis en oeuvre aucune mesure d’envergure pour remédier à cette situation depuis la bataille de la réforme des retraites de 2010.

Attention donc, Monsieur Hollande, ne vous emballez pas comme on vous a vu dans l’excitation de votre réunion du 15 Mai 2013 avec Monsieur Barroso et quelques Commissaires à Bruxelles ! L’Europe n’a pas viré à la relance keynésienne à tout va et n’a aucunement abandonné l’objectif de réduction des déficits et de saine gestion budgétaire ! L’ Europe cherche simplement un juste équilibre entre le « sérieux budgétaire », facteur déterminant de notre compétitivité à long terme, et la croissance. Ne vous gonflez pas d’inutile vanité en pensant et encore moins en disant que  vous avez « réorienté » la politique de l’Europe, c’est une politique qu’elle suit depuis le début de la crise et convenue de longue date entre la France et l’Allemagne ! Tout est dans le dosage et en l’occurrence, l’Europe n’a fait que vous accorder un sursis d’exécution à vos obligations qu’on s’est fait un devoir de vous rappeler à Bruxelles et que vous avez intérêt à ne pas gaspiller en procrastinations répétées comme cela semble être une seconde nature chez vous ! Peur de déplaire ? Incapacité à décider ? Manque d’autorité ? Absence de vision ? Difficulté à voir les choses en grand ?

Soyez bien conscient que dans ces conditions, le processus franco-allemand ne fait que suivre son cours à petite vitesse et médiocrement parce que la France souffre d’un Président qui, décrédibilisé par ses rodomontades sur  la "renégociation" du Traité de Stabilité de Mars 2012 et par l'incapacité de son gouvernement à mener les réformes de fond dans des délais acceptables, n'arrive pas à rétablir le contact avec Angela Merkel  et à reprendre la part française du leadership européen qu'il a perdue par ses vanités affichées.

L’Allemagne suivant la pente prise du temps de Nicolas Sarkozy, en vient peu à peu à moins de rigidité de la même manière qu’elle avait fini par accepter plus de solidarité avec les pays du sud de l’Europe et comme elle avait accepté l’extension des champs d’intervention de la Banque Centrale. Elle en vient donc à l’idée de l’Union Bancaire et face au risque de stagnation voire de récession économique au niveau européen, accepte maintenant plus de souplesse dans le rythme du retour à la barre des 3 % de déficit puis à l’équilibre des dépenses publiques … et la France en profite !

Un rappel désagréable de Joen Dijsselbloem, le nouveau patron de l’Eurogroupe, était venu troubler il y a quelques semaines, la quiétude irresponsable de notre Président et de ses ministres qui croyaient déjà que l’Europe avait gobé leurs tours de passe-passe et avaliserait sans discuter le fait que nous n’atteindrons pas nos objectifs malgré les affirmations du gouvernement cent fois réitérées, pour les déficits, la dette et la compétitivité de l’économie française. Et ce ne sont pas les regrettables imprudences de langage dudit J. Dijsselbloem à propos de Chypre qui ôteraient quoi que ce soit à la valeur de son avertissement à la France !

Mais voilà qu’en Mai, la Commission annonce la bonne nouvelle du sursis accordé à la France pour ces fameux 3 %, à condition toutefois que les efforts nécessaires soient faits en matière de compétitivité comme de déficit et de dette à l’horizon 2014-2015. C’est évidemment la honte d’être ainsi mis en tutelle (Manuel Barroso à son tour vient de faire passer son « examen de passage » à Hollande le 15 Mai à Bruxelles en lui rappelant ses obligations de réforme !) mais c’est la bouée de sauvetage de ce gouvernement qui a maintenant plus de flexibilité pour mener à bien les vraies réformes. On peut craindre cependant qu’il n’en profite au contraire, pour ralentir le rythme desdites réformes et qu’il « oublie » les conditions du sursis accordé au risque d’un brusque réveil quand la situation ne sera plus tenable ni pour la France et les français ni pour ses partenaires européens. Méfions-nous car la vanité et la lâcheté vont souvent avec l’inintelligence des choses et celle-ci avec la persévérance dans l’erreur !

Comment dans ces conditions, retrouver la crédibilité que nous avons perdue en matière de leadership européen ? Il faut d’abord remettre la France sur les rails de la puissance économique pour la génération à venir en réformant profondément notre modèle socio-économique. Nos gouvernants ont-ils compris que le reste du monde n'attend pas le bon vouloir des socialistes français ? Ont-ils compris que la France, ne pourra faire valoir ses vues et sa volonté que si elle est forte et rétablit auparavant sa crédibilité ? Si François Hollande ne le fait pas parce qu’il n’en est pas convaincu ou qu’il n’en a pas le courage ou la force, il devient vital que la droite revienne au pouvoir pour agir car la France et l'Europe ne peuvent plus attendre !  La gauche encore une fois aura fait perdre beaucoup de temps au pays et, incapable de lui parler de révolution, n'aura su lui proposer que son trop plein de bons sentiments !

Le problème pour l’Europe est de taille si l’on considère bien que la France est le seul pays européen à avoir une vision politique cohérente de l’Europe future et à vouloir la faire avancer en tant qu’Europe-puissance. Cela a commencé avec l’Europe européenne de De Gaulle et s’est poursuivi avec le serpent monétaire de Giscard d’Estaing concrétisé par l’euro de Maastricht de Mitterand et Balladur et enfin, la consécration du couple directeur franco-allemand par Nicolas Sarkozy et Angela Merkel à l’occasion de la crise de 2008-2012 qui a clairement montré la seule voie possible pour la construction de l’Europe.

Non Mr Cameron ! L'Europe, ce n'est pas seulement un "common market" ! Votre vision de l'Europe est affreusement limitée et totalement "backwards" (nous n’en sommes plus à l'Angleterre du 19è siècle et à son fétichisme du "boutiquier" libre-échangiste !). Elle m'attriste en raison de la pauvreté de l'ambition qu'elle révèle pour l'Europe et pour la Grande Bretagne ! Quant à votre projet de référendum, il s'agit d’un non-évènement puisqu'il faut encore que les tories gagnent les prochaines élections et parce que l'Angleterre, n'a encore jamais été un partenaire à part entière ni de l'Eurogroupe ni même de l'UE. Il faudra bien un jour décider si vous voulez être au quart, à demi, aux trois quarts ou pleinement européen !

Non Mme Merkel ! L'Europe, ce n'est pas non plus un ensemble  fédéralisé de régions européennes  bien gérées à défaut duquel vous vous contenteriez de bâtir une "Grande Suisse" avec retour éventuel au "bon vieux" deutschmark. Votre vision de l'Europe m'attriste aussi par son côté "petit-bourgeois". Quant à votre suggestion de l’été dernier, de commencer à étudier des structures européennes « fédéralisantes », permettez-moi de vous dire que cette réflexion ne saurait être mise à l’ordre du jour actuellement à voir le temps qu’il a fallu pour mettre au point des institutions qui collent à peu près avec l’idiosyncrasie britannique, française ou allemande par exemple.

Convenez chère Madame, que nous avons autre chose à faire maintenant que de nous préoccuper des institutions futures d'une Europe idéale ! Soyons déjà heureux que notre Banque Centrale ait enfin trouvé sa dimension entre les exigences allemandes et les volontés françaises ! Comme vous le dites vous-même, concentrons nos  efforts sur la mise en oeuvre adéquate du Traité de Stabilité, Coordination et Gouvernance et sur l'harmonisation-coordination de nos politiques budgétaire, monétaire, bancaire et financière en général ainsi que sur l'amélioration de notre compétitivité économique (réforme du secteur public,  déficit et dette publique, coûts de production, flexibilité et sécurité de l'emploi, du temps de travail  et des rémunérations, recherche et innovation, etc ...).

... et cessons de clamer qu'il faut faire le chemin à 27, 28 ou plus ! on n'a plus le temps de traîner car le monde ne nous attend plus ! La Commission est un outil utile pour assurer la coordination entre les Etats-Membres de certaines missions et fonctions que peuvent lui déléguer les Etats mais elle n’est pas le gouvernement de l’Europe (la déclaration de J.M. Barroso de Septembre 2011 avait à cet égard quelque chose d’un peu osé pour ne pas dire puéril !).

En effet, Mr Fabius ! L'Europe ce n'est pas une construction bureaucratique et prétendument égalitaire "à la française" où 27 et bientôt 30 et pourquoi pas 40 pays marcheraient du même pas vers une utopique intégration ! Votre vision de la construction de l'Europe future n'est pas réaliste au vu de l’expérience des trois décennies passées. La remarque faite ci-dessus au sujet de la proposition de Madame Merkel de créer des institutions européennes nouvelles, vaut encore plus pour votre projet dont je dois reconnaître que je ne saisis pas très bien l’approche fondamentale : préférer l’impulsion politique franco-allemande ou s’abîmer dans la bureaucratie bruxelloise qui n’a en fait de pouvoir d’initiative qu’en matière administrative ? Si la première proposition est la bonne, on n’attend que vous (et votre Président) pour agir !

Vous devriez aussi en parler à Monsieur Barroso et à tous les Commissaires, parlementaires et autres responsables européens qui parlent sans y croire (ils ne manquent pas tous d’un minimum de lucidité !) de faire l’Europe autour du schéma Bruxello-Strasbourgeois. Ce schéma valait tant que la Commission n’avait d’autre prétention que d’être un instrument administratif au service des Etats qui lui déléguaient quelques compétences administratives et le Parlement, un conseil consultatif. Créer des institutions européennes pour une Europe-puissance est une autre affaire que seuls des Etats de plein exercice peuvent entreprendre de construire.

L'Europe, Madame , Messieurs, ne peut se construire que sous l'impulsion du couple (osons le mot "directoire" !) franco-allemand comme l'ont amplement démontré les avancées réalisées par N. Sarkozy et A. Merkel pour réduire "la crise" et préparer l'avenir, avancées que cette dernière tente d'amplifier vaille que vaille malgré les "absences", les rodomontades et le manque d'allant du Président français actuel.

Par défaut du conjoint français, Mme Merkel a donc pris le commandement dans le couple franco-allemand ! C'est d’ailleurs elle qui indique à David Cameron qu'il va falloir que la Grande-Bretagne se décide entre le grand large et l'Europe tandis que la Commission reprend confiance au point qu'elle ose montrer son impatience à la fois à l'égard du louvoiement "cameronien" et de l'indécision "hollandesque" ! C’est encore elle, avec la complicité de la Commission trop heureuse de rentrer dans le jeu, qui « octroie » à la France un sursis de deux ans pour passer au-dessous du niveau de 3 % de déficit public !

Où est donc passée l’impulsion, l’initiative française depuis Mai 2012 ?

Bernard de Montferrand, ancien ambassadeur de France en Allemagne, résume la situation en disant qu'il faut "parler réalités plutôt que postures" (Figaro du 3 Janvier 2012). De Gaulle le disait déjà à Adenauer en 1963 : "L'Europe, c'est la France et l'Allemagne ! Unies, elles feront l'Europe, désunies, elles sombreront avec elle !" Que nos Chefs d'Etat le méditent en songeant que jamais l'Europe n'a fait autant de progrès dans l'intégration ou harmonisation de ses politiques économique, monétaire, bancaire et budgétaire que depuis 2008, quand, forcés par la "crise", Nicolas Sarkozy et Angela Merkel ont pris les rênes et ôté à Bruxelles qui n'en avait d'ailleurs pas le pouvoir, la compétence et surtout la prétention de "faire l'Europe". Encore faut-il  que nos nouveaux dirigeants, en France comme en Allemagne, en aient l'ambition et qu'ils le veuillent !

Ce n’est donc pas le moment de parler de « confrontation » avec l’Allemagne comme l’ont bêtement fait les boute-feu du Parti Socialiste français à la fin du mois d’ Avril, au nom de la « relance » et contre « l’austérité » ! On espère qu’il s’agit là d’une simple bêtise de quelques illuminés (malheureusement mal contrôlés !) du PS et non d’une fumeuse combine d’un François Hollande qui prétendrait appliquer à la politique étrangère française les « petites recettes pour la synthèse » du PS . On peut le craindre d’autant plus que Le Monde s’alarme (en l’occurrence, il aurait raison !) d’une possible manœuvre de contournement de l’Allemagne par le côté italien suite à la visite du nouveau Premier Ministre, Monsieur Enrico Letta. Hollande avait déjà essayé de louvoyer en ce sens il y a quelques mois avec Mario Monti contre Angela Merkel.

Attention, Monsieur le Président, si c’est le cas, ce n’est pas le bon niveau de réflexion, encore moins pour l’action ! Avec l’Europe, on doit prendre de la hauteur et faire de la grande politique, pas des petites manœuvres !

Du seul fait de la nécessité de cette "impulsion essentielle" de la France et de l'Allemagne, l'Europe continuera de se faire "à la carte" en commençant par l'Eurogroupe (F. Hollande n'avait-il pas parlé  de "géométrie variable" lors de sa conférence de presse de Novembre 2012 ? ou alors c'était une bévue ?). Les autres pays suivront et la Grande-Bretagne elle-même en viendra un jour à abandonner son comportement de mauvais joueur et à accepter les règles du "club" (pour ne pas dire aller à Canossa !).

Encore faudra-t-il qu'elle fasse un très gros effort d'adaptation et abandonne définitivement son fantasme du "grand large" qui l'englue dans ses souvenirs de puissance du 19è siècle.  

La France et l'Allemagne l'ont fait. L'Angleterre le fera ! C'est son intérêt à court terme de ne pas rompre avec l'Europe (voyez ce qu'en pensent le monde des affaires et la City et aussi "l'ami américain" !). C'est son intérêt à long terme de participer activement à la construction de l'Europe et c'est aussi celui de l'Europe en tant que future grande puissance. Mais l'Europe n'a plus le temps d'attendre car le reste du monde la presse de très près ! La France et l'Allemagne doivent donc accélérer le mouvement avec ou sans l'Angleterre !

C'est la seule voie possible pour faire de l'Europe la puissance mondiale de référence du 21è siècle tant au plan des idées et de la culture que du social et de l'économique. L’Europe peut légitimement y prétendre dans la mesure où elle a déjà largement fait profiter le monde entier de sa civilisation d'humanisme et de progrès. C’est sur cette base que se développera le 21è siècle. Cela lui donne le droit d’y revendiquer un rôle majeur sinon le « leadership » ... et si les Etats-Unis et la Russie nous rejoignent dans une vaste alliance transatlantique, le monde libre et démocratique ne s'en trouvera que plus fort pour faire face aux défis qui nous attendent !

Encore faut-il au départ, une entente franco-allemande indéfectible pour entraîner le reste des pays européens ...  

Faire de l’Europe la puissance mondiale de référence du 21è siècle … voilà l’enjeu ! Que l’Europe soit ou disparaisse, la France en sera le premier acteur et le premier responsable !

 
 
 
 

Bien-pensance et penser faux (Mai 2013) : où en est la France après une année d’errance politique et d’erreur économique ? Il manque un chef et une politique !

Malédiction du socialisme français,  la compétitivité économique s’effondre ! De l’erreur mitterandienne à l’immobilisme hollandesque, les socialistes ont épuisé leur « crédit bêtises » ! Le monde a changé mais pas eux !

Aucun des grands équilibres économiques n'est encore rompu même si on s’en approche dangereusement : la dette est forte mais couverte à des taux raisonnables comme celle  de l'Allemagne, le commerce extérieur est déficitaire mais pas plus que celui de la Grande Bretagne qui vient aussi de perdre son classement AAA des agences de notation, les déficits publics sont trop forts mais moins que  beaucoup d'autres pays, la croissance est faible voire nulle mais celle de l'Allemagne reste dans la même médiocrité et celle  des autres pays européens est négative, etc ...

Alors pourquoi cette sourde inquiétude qui se propage des économistes et experts financiers jusqu'au fond du peuple puisqu'il n'y a pas véritablement de crise immédiatement mortelle ? Le peuple sent que le monde change et qu’il faut faire « quelque chose » mais il sent aussi que le chef qu’il s’est donné n’a pas les idées ni le caractère nécessaires pour naviguer dans la tempête qui monte à l’horizon. Il doute et il a peur !

Rien d'immédiat certes mais une lente dégradation de la puissance compétitive de l'économie française. Le premier facteur tient à l'évolution longue de notre civilisation développée qui enregistre un ralentissement naturel de notre consommation en raison de la saturation progressive de nos besoins qu'un crédit délirant a d'ailleurs fait dégénérer en crise aiguë de gloutonnerie en 2008 ! Le  second facteur est l'émergence concomitante des nouveaux compétiteurs à bas coûts du tiers-monde à partir des années 80.

A cela, il faut ajouter une série de facteurs propres à notre économie avec lesquels nos  gouvernements doivent maintenant se colleter dans l'urgence faute de l'avoir fait dans le calme au cours des trois décennies passées alors que le monde changeait inexorablement. Parmi ces facteurs, citons l'envolée des coûts de production directs, essentiellement les coûts salariaux qui sont devenus les plus élevés d'Europe en raison du niveau des salaires, des charges sociales et avantages divers accordés aux salariés, des réductions successives du temps de travail (35 heures du gouvernement Jospin), de l'âge de départ à la retraite et de ses modalités de financement (retraite à 60 ans des années Mitterand) et enfin, des rigidités de la réglementation du travail dont les strates juridiques s’entassent depuis la guerre empêchant toute adaptation rapide des processus de production à l'évolution de la nature et du volume d'activité des entreprises. Tout cela à rebours de l’évolution mondiale du marché et de la concurrence !

Un autre facteur majeur de dégradation de notre compétitivité, tient au poids du "secteur public" et para-public dans notre société. Il absorbe plus de la moitié du PIB français et n'a plus jamais été depuis 30 ans, financé par ses seules recettes fiscales ou financières. Le seul fait de devoir faire appel à l'endettement pour couvrir son déficit, est le signe évident d'un excès de dépenses administratives ou sociales dû à la fois, à une trop grande générosité à l'égard des agents comme des bénéficiaires du service public (pléthore de personnel, salaires et avantages sociaux, temps de travail, scandale des régimes spéciaux, etc …) et à une déficience d'organisation et de gestion dudit service public. Il faut d’urgence recadrer les missions, fonctions et procédures dans l’ensemble du secteur public ou para-public, et en même temps restructurer les services et « dynamiser » le personnel.

Le service public doit à la fois devenir plus productif et coûter moins cher ! C’est ce que font quotidiennement les entreprises avec les salariés du secteur privé. Cela sera évidemment plus dur pour ceux du secteur public qui n’en a pas l’habitude puisqu’on y a toujours privilégié le laisser-aller et les droits acquis afin de mieux faire attendre les réformes qu’on n’avait pas le courage de faire : personne n’aime être bousculé mais il faudra bien que le secteur public fasse comme tout le monde ! On est en droit d’exiger de lui un gros effort de productivité en contrepartie du statut et des garanties d’emploi dont il bénéficie au nom de la neutralité et de la continuité dudit service : il a trop tendance depuis quelques années à oublier ces devoirs et les contraintes inhérentes !

Un dernier facteur de non-compétitivité est l'inadéquation de la gamme des produits français au contexte mondial de consommation et de production : la France produit trop de biens et services de moyenne gamme qui sont  maintenant attaqués victorieusement par des producteurs du tiers-monde voire de pays européens proches dont les coûts sont largement inférieurs aux siens. Il suffit de voir a contrario le succès qu'elle obtient dans le secteur des produits de luxe proprement français ! Il va donc falloir procéder à une certaine reconversion ou adaptation de l'outil de production ... et pour cela investir ce qui nous amène au dernier facteur handicapant l'économie française, les marges des entreprises.

Les marges bénéficiaires en effet, ne permettent plus aux entreprises d'investir comme il faudrait. Elles se sont réduites par le double effet de l'augmentation continue des charges salariales et de la baisse absolue ou relative des prix de vente des produits provoquée par la concurrence des pays à coûts moins élevés.

En raison de la convergence de tous ces facteurs, la France a vu son économie se déliter lentement mais sûrement, le chômage augmenter et la puissance française décliner face aux nouvelles puissances émergentes mais aussi face aux nations européennes qui ont eu l'intelligence et le courage de convaincre leur peuple de s’astreindre à un minimum de discipline économique et sociale et d’accepter les sacrifices éventuellement nécessaires.

 

La catastrophe n’est pas encore là mais il faut réformer … vite !

Or le gouvernement de Mai 2012 commence seulement à reconnaître qu’il y a une crise ce qu’il déniait l’an passé et prend prétexte que ce ne soit pas encore la catastrophe pour remettre à plus tard (« après mûre réflexion en commission et longue consultation des acteurs », question de méthode dit François Hollande !) les mesures urgentes et difficiles. Après avoir augmenté les dépenses de quelques milliards pour essayer de satisfaire à ses promesses électorales démagogiques, il se borne à faire quelques millions d’économies alors qu’il y faudrait des milliards et augmente les impôts en étouffant l’initiative pour pouvoir dire aux marchés qui nous scrutent, que la France « réduit ses déficits » !

Quant au Président, il invoque les esprits pour que la situation s’améliore à la fin de l’année ! Il attend que « le cycle se retourne » ce qui lui permettrait de ne rien faire et surtout de ne prendre aucun risque face à un peuple aussi « volatil » que le peuple français ! C’est le retour du « ni-ni » : ni Keynes ni Friedman mais pas mal de Saint François … on donne, on assiste mais on ne fait rien en profondeur ! On peut admirer tant de médiocrité que certains voudraient qualifier de rouerie voire de génie politique. C’est pitoyable !

Plus grave encore, et alors que la France n’a pas encore pris ni mis en oeuvre de mesures significatives en matière de réduction des dépenses publiques ni de réformes structurelles (système fiscal, secteur public, droit du travail, …), certains commencent à dire que « l’austérité ça suffit ! » alors qu’on n’en est même pas à la rigueur et encore moins à la bonne gestion !

Pendant ce temps, la compétitivité française et l’emploi continuent de se dégrader et l’économie de sombrer. Il devient donc plus qu’urgent d’agir pour :

-         Réformer le secteur public (Etat, collectivités territoriales, systèmes de protection sociale, autres services publics, organismes para-publics) pour réduire les déficits publics, évitant ainsi que par le biais de l'impôt, ils ne pèsent trop sur la consommation, l’investissement et la production, les moteurs de l’économie.

-          Réduire significativement les coûts de production des entreprises en réformant l'impact du système  fiscal par un transfert partiel mais suffisamment massif du paiement des charges sociales sur la TVA contribuant ainsi à remettre à  égalité de concurrence les produits importés et la  production nationale.

-         Améliorer le niveau de marge des entreprises par la combinaison des deux types de mesures précédentes et par l'octroi aux entreprises d'une plus grande flexibilité dans l'organisation du travail (temps de travail, mobilité) et le niveau des rémunérations en échange d'une plus grande sécurité de l'emploi.

Le reste, recherche, innovation, recherche des débouchés, organisation de la production, etc… et enfin, prise de risques financiers est le lot des entreprises avec le concours éventuel des initiatives de l’Etat pour les investissements publics, en particulier ceux d’ordre stratégique, et la « facilitation » du dynamisme du tissu économique local et national.

 

Que fait donc la gauche qui prétend gouverner, pour redresser la barre et surpasser la crise ? 

 

Elle étale ses bons sentiments et distrait le peuple avec quelques  « gadgets » sociétaux au lieu de prendre les mesures de salut public qui s'imposent !

Les discours du Président (conférence de presse de début Novembre par exemple) et de quelques ministres laisseraient à penser que les socialistes français ont fait leur « Bad Godesberg ». Or, pour qui suit attentivement les choses, on peut sans doute parler d’un véritable tête à queue doctrinal en paroles … mais on en est loin dans les actes !

Que voit-on en effet ?  Un gouvernement qui sous la conduite inerte du Président, aborde à reculons les étapes du redressement qu'on vient d'évoquer laissant entendre aux syndicats et aux socialistes réfractaires qu'on pourrait éventuellement leur offrir ceci ou cela en échange de leur accord sur telle ou telle mesure, laissant ainsi se développer l'idée que tout est "négociable" et ouvrant la voie à la dénaturation progressive des réformes par tel amendement parlementaire ou telle mesure de compensation ! Et tout cela alors que par le miracle d’une complicité idéologique et idiosyncrasique ancienne mais en voie de délitement rapide, aucune manifestation d’envergure ne s’est encore produite à l’encontre des non-mesures et des « promesses non tenues » du gouvernement. Qu’en sera-t-il lorsque les syndicats du « non » se mettront en branle ?

A titre d'exemple, le "scandale Lebranchu" ! Mme Lebranchu est ministre de la Fonction publique et de la réforme de l'Etat. Elle vient de proposer de supprimer "le jour de carence" (non-paiement du salaire pendant 1 journée en cas d’arrêt maladie) pour amadouer fonctionnaires et syndicats alors que le problème de la fonction publique (et plus encore des régimes spéciaux) est d'aligner le plus vite possible leurs avantages sociaux sur ceux du secteur privé (âge de départ en retraite, niveaux des pensions, niveaux de salaires, évaluation au mérite et aux résultats, mobilité et redéfinition de postes, etc ...) au regard de leur inestimable sécurité de l'emploi !  Mme Lebranchu gouverne à contre-sens ... et elle le fait avec l'accord des ses chefs !!!

Mieux encore, Mme Lebranchu en charge de la réforme, vient de déclarer qu'elle allait préparer la mise en place pour la fin de l'année d'un organisme de réflexion (style Minlab danois) sur l'innovation dans le cadre de la réforme de l'administration publique !!!!  Est-elle consciente qu'il y a quelque urgence à remettre l'économie française à flot et pour cela à bousculer les bonne vieilles habitudes et les pesanteurs d'un service public dont le désastreux rapport coût/efficacité constitue un lourd handicap pour l'économie française ?

La réforme, c'est maintenant et pas l'année prochaine, chère Madame ! … et la dépense publique augmente toujours, il est prévu qu’elle atteigne 57 % du PIB en 2013 ! 

Le "scandale Peillon" est plus simple encore : en guise de réforme, il propose un simple changement des horaires scolaires que syndicats et collectivités locales se sont d’ailleurs empressés de contester alors qu'il faut "désoixante-huitardiser" l'éducation nationale par une révolution de fond incluant la discipline et le rétablissement de l'autorité à l'école, la refonte des programmes et des méthodes pédagogiques dont on doit enlever la maîtrise aux syndicats et aux lubies des "experts" ! Depuis qu’on a pris conscience du désastre de l’école post-soixante-huitarde, on répète « qu’il faut apprendre aux élèves à lire, écrire et compter » c'est-à-dire les « instruire » des instruments de base de la connaissance or le ministre Peillon dans un récent entretien avec Marcel Gauchet sur les ondes bien-pensantes de France Inter, confondait encore le fait de « mettre l’enfant au centre du système » avec celui d’en passer par ses caprices au nom de la lubie de « l’auto-construction de ses propres savoirs » ! Notre ministre, lui-même formé au moule enseignant, reste avec toute la hiérarchie « pédagogiste » et syndicale de son ministère, dans les lubies « libertaristes » de 68 : non, Monsieur le Ministre, il faut « instruire » et l’école n’est pas une garderie d’enfants ! Il vous serait plus utile pour être efficace en matière d’éducation, d’écouter SOS Education plutôt que les « bourdieuseries » de vos « penseurs ministériels de l’éducation » !

Dernières en date des fantaisies ministérielles : la suppression de la possibilité d’un apprentissage dès 14 ans (le ministre préfère voir végéter les jeunes dans des écoles où ils n’apprennent plus rien que leur donner un métier où ils puissent se révéler !), l’enseignement de la théorie du « gender » à l’école primaire comme si on avait besoin dans notre République des billevesées de penseurs américains mal dans leur peau ( et s’il s’agit d’enseigner que l’on doit être respectueux les uns des autres, cela s’appelle de l’éducation et non du « gender » !).

Le ministre n’a-t-il donc rien de mieux à faire ? Peut-on lui rappeler que la cohésion sociale et nationale dépend d’une intégration réussie des populations immigrées et que cette dernière dépend en premier lieu de l’efficacité du système éducatif ?

 

Quant à Mme Taubira, ministre de la Justice, elle perd son temps au Parlement à défendre la loi sur le « mariage gay » avec ses dérives potentielles vers la procréation médicalement assistée et la gestation pour autrui puisque par définition et n’en déplaise aux tenants des théories du « gender », il faut encore de nos jours, un homme et une femme pour procréer ! François Hollande en effet, après habile mais hâtive réflexion du « club » Terra Nova sur le socialisme nouveau, avait prévu pendant sa campagne (belle conception de son rôle futur de Chef d’Etat !) de noyer les vraies priorités par une série de mesures secondaires de ce genre en faveur des minorités qui l’éliraient !

Mais Mme Taubira, Ministre de la Justice, a d’autres obsessions potentiellement bien plus dangereuses pour la société : elle veut "vider les prisons" et faire de la prévention-réinsertion sans en avoir les moyens ! Toute à sa très "badintérienne" déviance vers "l'excuse sociétale", elle se borne à revenir en arrière sur toutes les initiatives du gouvernement précédent. Une politique pénale doit être globale : développement local avec les autorités publiques et autres acteurs privés ou associatifs concernés, prévention et action sociale, punition immédiate et diversification des peines en fonction des fautes commises, élimination des délinquants pour les délits ou crimes les plus graves et les récidives … et si nécessaire, on construira les prisons dont le pays a besoin pour cela ! Cette gradation des réponses à la délinquance est particulièrement nécessaire pour le rétablissement de l’ordre quand il fait défaut et l’assainissement des quartiers dits « sensibles » c’est à dire de ceux où réussira ou échouera l’intégration des immigrés puis celle de leurs enfants !

Il faudra choisir, Madame : la cohésion sociale ou la guérilla urbaine ! Or c’est le signal du laxisme, de la faiblesse et de l’excuse que vous donnez chaque jour aux voyous. Vous allez donc bientôt entrer en collision frontale avec la politique du Ministre de l’Intérieur, du moins s’il persiste dans sa politique forte, seule manière de ramener les voyous endurcis à la sagesse (ou les éliminer si nécessaire) et surtout d’éviter que les plus jeunes ne se laissent contaminer et tombent à leur tour.

Et voilà que vos plus proches soutiens, ceux du Syndicat de la Magistrature, se trahissent et vous trahissent en confirmant grâce aux bévues de leur système de communication interne (ah ! le « mur des cons » !) que leur syndicat n’est en fait qu’une « corporation gauchiste » qui gangrène sévèrement et depuis trop longtemps le corps judiciaire et dont on peut légitimement redouter qu’il n’ait largement développé ses métastases dans l’Ecole même chargée de former nos magistrats. Comment dès lors continuer de faire confiance à notre justice quand on peut craindre à bon droit qu’une grande partie de nos magistrats soient plus encline à juger en fonction de ses a-priori idéologiques ou fantasmes politiques qu’en fonction des faits et en toute équité ?

Vous avez mis longtemps à réagir face à ce scandale d’Etat qui décrédibilise notre justice en y introduisant le soupçon d’être devenue une justice politisée sinon une justice politique. Pour éviter qu’on ne vous fasse le même reproche de complicité intellectuelle dans l’erreur voire dans le crime qu’on a fait autrefois aux « compagnons de route » du communisme et du maoïsme de Sartre et Picasso à Sollers, Godard ou Aragon et tous ces brillants « intellectuels », universitaires ou artistes d’après-guerre qui n’avaient du monde qu’une intelligence très germanopratine , on attend de vous et du Président de la République que vous preniez avec l’ensemble du corps judiciaire, les mesures qui s’imposent pour remettre cette organisation syndicale et ceux de ses membres qui auraient failli, dans le chemin d’une intégrité et d’une neutralité judiciaires assurées et assumées.

On peut d’ailleurs rappeler ici que le syndicalisme n’est pas nécessairement indispensable au bon fonctionnement de la justice ni de beaucoup d’autres missions de service public, ce qu’on pourrait d’ailleurs utilement rappeler à Madame Lebranchu dans le cadre de sa réflexion sur la réforme de l’Etat !

On vous supportait Madame, dans le ressassement de vos obsessions récurrentes sur l’esclavagisme ou "l'indépendantisme" des DOM-TOM, indépendance dont personne d’ailleurs, ne veut ni en Guyane, ni ailleurs outre-mer ! On ne vous aime pas dans vos lubies rédemptrices ni dans vos tirades vengeresses en faveur des opprimés de la terre ! Vous êtes trop politisée et la justice doit échapper à toute politisation ou ce n’est plus la justice.

 

D'autres belles idées encore, des mesures pour alléger les misères de la pauvreté : un peu plus d'assistanat aux pauvres et aux chômeurs et une éventuelle généralisation du RSA et des emplois factices à tous les jeunes (français ou étrangers, légaux ou illégaux), élargissement des avantages sociaux à un nombre toujours plus grand de bénéficiaires et augmentation continue des allocations sociales ou des salaires en parallèle avec une taxation renforcée des "riches" pour qu'ils expient leurs fautes puisqu’ils ont nécessairement volé les pauvres pour s’enrichir ! Bien sûr, ce serait bel et bon ... mais on ne le peut pas et il y aurait à cette générosité mondialisante des effets secondaires très contre-productifs, notamment sur les flux d’immigration, qu'on refuse de voir ou qu’on minimise dans nos institutions bien-pensantes chargées de suivre les problèmes de démographie, d’intégration ou de droits de l’homme !

Enfin, n’oublions pas les émois tiers-mondisants de nos jeunes pousses socialisantes, écologisantes ou gauchisantes du gouvernement (Aurélie Filipetti, Delphine Batho, Cécile Duflot, Najat Vallaud-Belkacem, Pascal Canfin et autres militant(e)s) qui ont, dans de bruyants meetings et sans avoir besoin de la grosse caisse de Mélenchon, bruyamment exprimé leur enthousiasme pour l’immigration et leur volonté d’envoyer à l’échafaud, les « salauds » qui veulent la réguler pour faciliter l’intégration des intéressés. Pour leur faire plaisir, prenons quelques références hors de France. On leur montrera ainsi qu’ils ne sont pas les seuls à penser faux en sacrifiant à une bien-pensance et à un « droits de l’hommisme » béats. Ainsi du monument politiquement correct qu’est le Commissaire aux Droits de l'Homme du Conseil  de l'Europe, Nils Muiznieks qui appelle les gouvernements "à renoncer aux lois et mesures visant spécialement les musulmans" comme bien sûr, la loi sur le voile intégral en France, les minarets en Suisse, etc ... !  De même Mme Malmström, Commissaire à la Commission européenne et envahie de bons sentiments, qui proclame benoîtement que "l'immigration est une chance" comme le proclamait déjà Bernard Stasi, autre figure du « centrisme » devenu ministre de Mitterand il y a trente ans ! 

On peut se demander si ces gens connaissent un tant soit peu le contexte et le fond de ce dont ils parlent ???  Heureusement Mme Taubira ni nos jeunes ministres-militants n’ont  repris ces thèmes à ce jour, notre féminisme national (situation faite aux femmes en terre d’islam mais aussi souvent dans nos quartiers), la situation de l'emploi (chômage ou travail au noir des immigrants), la délinquance (sur-représentation des étrangers dans les prisons) ne lui laissent pas beaucoup la possibilité de faire l’apologie de l’immigration en raison des problèmes d’intégration et de dissolution de la cohésion sociale qu’elle crée alors qu’on n’a pas les moyens ni surtout la volonté de les résoudre rapidement dans la situation actuelle de déliquescence « sociétale » du pays !

 

Générosité, « droits à … »,  bons sentiments … tout cela est bel et bon mais qu’en est-il des priorités ?

Tout cela pourrait avoir un certain intérêt si par ailleurs, on faisait le nécessaire pour traiter les vrais problèmes, et d’abord pour alléger les contraintes qui pèsent sur les entreprises afin qu'elles puissent conquérir de nouveaux marchés et offrir ainsi plus d'emplois et de meilleurs salaires à ceux qui travaillent. Or, que fait-on ou plutôt que rechigne-t-on à faire ?

La gauche reste malthusienne, engluée dans son faux concept du partage du travail et son obsession du partage des richesses avant qu'elles ne  soient créées. Elle pense à contre-sens et ne produit en conséquence que trop de mesures contre-productives, malheureusement souvent concoctées par son "think tank" préféré, Terra Nova, qui devrait mieux tenir compte des problèmes du terrain, non pas pour les instrumentaliser sur le plan politique mais pour les résoudre en tenant compte des réalités et non de ses « wishful thinkings » ou vagues théories du bonheur !

Elle pense si fort "subvention" que le gouvernement français vient tout benoîtement de promettre 20 milliards aux entreprises en cadeau de joyeux avènement de sa nouvelle et tardive conversion à la pensée sociale-démocrate. Mais tant de voix s'élèvent à gauche pour y mettre tant de conditions que le cadeau risque de devenir très pesant pour les entreprises. Par ailleurs, le délai  de mise en oeuvre est si long que beaucoup périront ou tomberont malades avant d'être soulagées. Enfin, rien n'est fait de manière durable pour alléger les coûts de production (un transfert significatif de charges sur la TVA avait été prévu dès Octobre 2012 par l'ancien gouvernement mais bêtement annulé par le gouvernement actuel !) alors que le problème majeur est là ! Les nuages s'accumulent du côté des agences de notation et des marchés pour insuffisance de réaction aux aléas financiers et aux handicaps de l'économie française mais le gouvernement détourne la tête en blaguant, voulant faire croire que cela passera tout seul (le Président doit croire à l’Esprit Saint ou peut être croit-il à la « main invisible » du marché … un ultra-libéral qui s’ignore ?).

Or,  que raconte le Président dans son dernier « speech » sur France 2 ?  Il parle de « boîte à outils » et de « choc de simplification ». On aimerait en rire mais c’est à pleurer d’insignifiance et toute la presse bien-pensante qui encensait Hollande à commencer par Le Monde ou Libération, ses journaux favoris de campagne électorale, retournent lâchement leur veste et prennent le peuple à témoin de l’incurie du Président et de la « nullité » de son gouvernement. La honte soit sur lui car il n’est pas à la hauteur de la mission qui lui a été confiée mais aussi et plus encore sur ces « journaleux ». Ils suivent à la petite semaine, l’exemple attristant de leurs confrères-déviants, obsédés voire paranoïaques de la « transparence » à la mode d’Edwy Plenel ou de Julian Assange, et des juges-justiciers, psycho-rigides vestales du droit formel, qui tous se rêvent en « tueurs » de ministres ou de grands de ce monde qu’ils n’ont pas pu être ! Au lieu d’éduquer le peuple à l’effort et à la grandeur, ils le poussent dans ses travers les plus détestables de petit-bourgeois envieux, râleur et froussard qui rejette sur les autres ou sur la société la responsabilité des problèmes qu’il n’a pas eu le courage de résoudre lui-même.

La compétitivité reste un mot toujours incompréhensible par un esprit de gauche car il implique un certain effort de productivité dans le travail et son organisation . Habitué que nous sommes depuis l'enfance à ce que tout soit fait par nos parents, nos professeurs ou l'Etat pour nous faciliter la vie, nous entretenir dans la gratuité (école, santé, chômage, retraite, etc ...) et nous faire croire que nous y avons un droit imprescriptible, la notion d'effort ou de devoir individuel ou collectif est ressentie comme une contrainte insupportable voire même reconnue par nos intellectuels et la bien-pensance ambiante comme  une atteinte aux  droits de l'homme ! C'est ainsi que la négociation de l’accord sur la "flexi-sécurité" a eu beaucoup de mal à faire sa place à la flexibilité, le mot même étant jusqu’ici tabou à gauche alors que l’aspect sécurité était considéré comme de plein droit au point que les syndicats les plus conservateurs (CGT et FO dont la plus grande part des adhérents ou militants appartiennent à la fonction publique ou aux régimes à statut) ont refusé de signer l’accord ! Et certains s’inquiètent maintenant que des amendements de complaisance au projet de loi correspondant ne viennent dénaturer l’accord et lui enlever toute efficacité ou encore que des conflits de mauvaise foi n’empêchent son application au moment crucial. Et ceci  alors qu'on sait pertinemment que, in fine, la sécurité de long terme ne peut aller sans flexibilité optimale dans un monde où la compétition des nouvelles puissances nous obligera à deux ou trois décennies d'effort avant que les grands équilibres ne se rétablissent entre les nations et les continents.

Et voilà que les mêmes, CGT et FO en tête, font des difficultés à la réunion du 13 Mai 2013 chez le Premier Ministre qui a eu le front de les convoquer pour envisager « l’esquisse de l’ébauche » d’un complément à la réforme des retraites réalisée par le gouvernement Fillon. Il a en effet, osé évoquer une durée plus longue de cotisation ainsi qu’un nouveau recul de l’âge de départ en retraite ! D’invétérés « bêta bloquants » du changement social contre de fieffés « procrastineurs » des réformes ! Allons, Messieurs les syndicalistes, il ne s’agit plus cette fois de couler Seafrance, la SNCM , les NMPP ou le port de Marseille, il s’agit de couler la France … et pour vous Messieurs du gouvernement, il s’agit d’empêcher que vos « camarades » à l’esprit un peu court, ne mettent en oeuvre leur sinistre folie par pure bêtise de leur part et criminelle inertie de votre part !

Ainsi va ce gouvernement qui a peur de décider et d'agir quand c'est difficile mais hésite à renoncer à ses fallacieuses promesses électorales et rêveries de bonheur universel !

 

Et quelques économistes pensant à gauche  (comme si l’économie pouvait être de gauche ou de droite !) se font les complices de cette  « non-politique » …

 

Aujourd'hui 10 avril sur France Inter par exemple, on assiste à un déballage de bien-pensance à propos de probité républicaine et de transparence fiscale (affaire Cahuzac, déclarations de fortune ministérielles, gros et petits salaires, etc ...) accompagnée d’une forte "incitation à la débauche" par le biais d'une mise en accusation sévère de "l'austérité" (D. Cohen qualifie ainsi les mesurettes que n'ose pas franchement prendre notre gouvernement pour redresser la situation !). On pourrait redouter que cela soit coordonné avec le radotage "démondialisant" et « anti-austérité » d’Arnaud Montebourg et de quelques autres ministres-militants ... et peut être au-delà avec le Président ? Si c’était le cas, ce serait alors assez inquiétant quant à la volonté d'agir au sommet de l'Etat !

Aujourd'hui donc,  Daniel Cohen et P. Ashkenazy s'épanchent dans le "7-9" de Patrick Cohen en jetant l'anathème sur "l'austérité" qui serait la mère de tous les dangers, comparant les politiques de redressement des finances publiques actuellement menées en Europe aux erreurs commises pour répondre à la crise des années 29-30 et suivantes !
On les sait tous assez "keynésiens" et ils  sont prompts à  parler "d'austérité" quand on pourrait peut être parler plus simplement et plus  justement de "bonne gestion" !
Ils négligent simplement le fait que nous en sommes déjà au maximum de la dépense publique et de la relance "keynésianiste" dont on a déjà depuis longtemps usé de toutes les ficelles. Cela fait trente ans en effet que les budgets sont en déficit et que le crédit enfle pour servir notre gloutonnerie de consommation publique et privée. Rappelons-leur que les budgets publics étaient  à l'équilibre pendant les Trente Glorieuses et que la crise actuelle  est née d'une gabegie de dépense publique et de consommation privée à crédit !!! Il n'y a donc aucune relation nécessaire entre crise et "saine gestion des dépenses publiques et privées" !
Ils oublient aussi que la France et l'Europe ne sont plus seuls au monde et qu'une compétition féroce est engagée non seulement avec les Etats-Unis et les autres pays développés mais  aussi avec les pays émergents et même ceux du tiers-monde !

Ne serait-il pas  temps, Messieurs, d'employer les mots qu'il faut et plutôt que d'affoler le peuple en affirmant que « l’austérité va tout bloquer et provoquer la catastrophe », utiliser le mot de rigueur en expliquant qu'il faut faire un effort pour ne pas dépenser plus qu'on ne peut (revenus et capacités d'emprunt inclus !) et rétablir peu à peu les grands équilibres.
Cela implique de modérer notre gloutonnerie individuelle et celle de l'Etat et du secteur public. On peut certes le faire doucement comme le disent nos économistes car la situation de la France n'est en effet, pas beaucoup plus "dramatique" que celle de l'Allemagne et beaucoup moins que celle de beaucoup d'autres pays européens ... à condition cependant, de prendre immédiatement les mesures de rigueur nécessaires et que ces dernières soient suffisamment fortes pour assurer à terme, un rééquilibrage rapide de nos économies pour  que  vive la  France et que l'Europe ne perde pas pied dans  le monde nouveau du 21è  siècle !

Car c’est précisément avec les économies réalisées sur les dépenses publiques inutiles, excessives ou mal gérées que l’on pourra d’une part financer les investissements productifs de la relance et d’autre part, revenir à un niveau de compétitivité qui mettra l’économie française en position forte à moyen et long terme. La solution n’est pas en effet, de faire fonctionner la planche à billets de la Banque Centrale ni de continuer à s’endetter : ce ne sont que deux moyens de court terme qui ne font qu’aggraver les problèmes auxquels il faudra faire face de toute façon et avec encore plus de difficultés dans la période future !

Mais c’est aussi sur le plan politique que les choses ne vont plus et que nos économistes deviennent dangereux à force de penser faux ! Il est tout à fait irresponsable en effet, de dire que l'austérité est inutile quand on s'adresse à un peuple qui ayant été élevé dans  le culte des droits sociaux et de la protection sociale, n'a que trop tendance à tout attendre de l'Etat et qu’on prétend conseiller un Gouvernement socialiste qui n'a pas encore  fait  son virage de "Bad Godesberg" et hésite toujours à prendre les mesures impopulaires qui s'imposent alors que le pays étouffe sous sa dette et ses déficits.

Nos économistes d'ajouter que  "l'adhésion a l'impôt diminue" et que les élites ont perdu leur sens civique voire social. Certes, il y a des abus dont certains éclatent ces temps-ci à la face de nos professeurs de vertu républicaine mais se sont-ils demandé pourquoi ? L'adhésion à l'impôt ne diminuerait-elle pas tout  simplement parce qu'il y a trop d'impôt et qu'on a atteint la fameuse limite dont nos adeptes de la dépense publique  comme  moteur de l'économie, ont trop tendance à abuser ?  

Il est vraiment  temps que nos « penseurs », économistes, experts divers, journalistes et surtout nos décideurs politiques reviennent sur terre pour aider le peuple à prendre conscience des réalités du moment et ne laissent  plus leur raisonnement flotter vers des rivages idéologiques brumeux ou buter sur des a priori ou des peurs qui défient le sens commun et ruinent la volonté d'agir ! Aujourd’hui, c’était Daniel Cohen et son compère. En d’autres occasions, il s’agirait par exemple de socio-penseurs comme Marcel Gauchet, Edgar Morin (Stéphane Hessel n’est plus !) ou telle ou telle autre sommité universitaire (Normale, EHESS par exemple) ou encore de très politiquement corrects et socialisants « think tanks » comme Terra Nova, etc … !

Et voilà que la Commission Européenne apporte de l’eau à leur moulin en octroyant deux ans de grâce au gouvernement pour revenir dans la marge des 3 % de déficit public. Un malheur bienvenu et une honte immense !

La honte parce qu’un lâche soulagement nous envahit et va inciter ce gouvernement timoré à en faire encore moins pour notre économie et à reculer encore les décisions difficiles. Il ne pourra pas non plus s’empêcher de plastronner devant ses admirateurs (même s’ils sont plus rares !) en disant qu’en fin de compte, il avait raison d’attendre et que la situation n’est pas si grave ! Il oublie que ce sursis n’a été accordé que sous conditions et qu’il faudra rendre des comptes ! Médiocrité et vanité !

La honte parce que la Commission et nos partenaires se permettent de nous « octroyer » un délai en nous donnant des leçons comme à un domestique fautif, tout simplement parce que nous avons été incapables de prendre nos responsabilités alors que le rôle séculaire de la France est de montrer la voie comme cela a toujours été le cas depuis le royaume des francs !

Encore heureux que ce gouvernement n’ait pas eu le front de clamer qu’il avait gagné contre l’Allemagne et qu’il avait « réorienté la politique européenne ». Il nous a épargné ce ridicule mais le Parti Socialiste s’était déjà chargé de faire la bêtise dans son document « croissance/austérité » où il parlait de « confrontation avec l’Allemagne ». François Hollande cependant, était encore une fois à la limite de l’impair en déclarant dans Paris Match du 6 Mai 2013 : « L’Europe vient de comprendre en nous accordant la souplesse nécessaire … ». Quelle suffisance ! Pourvu que, lui, comprenne que l’Europe attend de lui autre chose que de l’auto-satisfaction et les français qu’il agisse tout simplement !

Et pour en rajouter encore un peu plus dans l’insignifiance, Hollande nous annonce le 13 Mai qu’il va sauver la France avec un plan d’investissement de 10 milliards d’euro !!!  Pauvre Louis Gallois, Commissaire à l’investissement, qui va simplement rajouter cette somme ridicule aux 35 milliards prévus par le gouvernement Fillon dans son plan de 2010-11 sans même pouvoir espérer obtenir un jour l’essentiel de ce qu’il avait préconisé dans son « rapport pour la compétitivité » d’Octobre 2012. Hollande nous refait ici le coup de Juillet 2012 quand il avait sauvé l’Europe avec ce fumeux plan de relance européen financé par les reliquats de divers fonds européens et de la BEI sur la réaffectation desquels Nicolas Sarkozy et Angela Merkel s’étaient mis d’accord depuis longtemps.

Cette façon de jouer les coucous dans le nid des autres est pitoyable. Comme le clame Mélenchon, il fait la politique de Sarkozy … ajoutons néanmoins « à reculons et au petit pied » ! Politique médiocre en effet !

Et comme pour se persuader qu’il n’est pas si mauvais ni médiocre, il affirme dans le même Paris Match du 6 Mai : « je suis convaincu de l’utilité et de la pertinence de ce que j’ai décidé depuis un an » ! On aimerait avoir le même sentiment de profonde ( ?) conviction mais vient aussitôt à l’esprit la question de fond : qu’a-t-il décidé depuis un an qu’il n’ait remis en cause (la plupart de ses promesses) ou remis à plus tard et sérieusement dilué (pacte compétitivité, flexi-sécurité, réforme de l’Etat et surtout réduction de la dépense publique …) ? Malgré cela, il est content de lui au point qu’il veuille sans cesse donner du temps au temps comme son ancien patron, à la différence près que l’économie française pouvait encore supporter à l’époque les contre-sens et bêtises économiques mitterandesques alors qu’elle ne le peut plus aujourd’hui. Le monde a changé et comme disait Bill Clinton des évidences et des réalités du temps : « that’s economy, stupid ! ».

 

En fin de compte Monsieur Hollande, vous nous faites honte  bien sûr mais bien moins que le peuple français et ses « élites » qui se sont lâchement laissé abuser par votre démagogie, pourtant si évidente !

Les turpitudes, couacs, contradictions des ministres entre eux, avec leur Premier Ministre voire avec leur Président et avec leur majorité parlementaire et leurs alliés,

L’indécision et la procrastination gouvernementales sur tous les sujets les plus importants,

La recherche obsessionnelle et désordonnée du modernisme sociétal « bobo » jointe à l’exacerbation concomitante d’un individualisme forcené et d’un assistanat public systématique,

Le déni des réalités économiques et sociales qui disparaissent sous le fatras des restes des idéologies mortes, de leurs avatars et des rêveries et bons sentiments gauchisants,

Le désordre institutionnel et la confusion dans l’exercice du pouvoir,

Le flou dans les politiques sectorielles qu’on ramène au détail aux dépens de l’essentiel et l’absence de ligne directrice dans le « projet » présidentiel (s’il existe !),

La prétention gouvernementale à la mesure de son inconséquence et de son agitation verbeuse,

Bref, la bien-pensance qui empêche l’action et le penser-faux qui conduit à l’erreur,

Tout cela était évidemment contenu et même convenu dans la candidature de François Hollande puisqu’il mentait au peuple et parce que le peuple préférait le mensonge et la facilité à la réalité et à l’effort.

Il a donc le Président qu’il mérite mais si on ne peut pas changer de peuple, on peut très bien changer de Président ! Le moment est sans doute venu et quelques péripéties électorales pourraient bien nous y conduire bientôt.

Hollande sera-t-il sacrifié  ou se sacrifiera-t-il lui-même sur l’autel de la rédemption prochaine du peuple de France ?  Le peuple a fauté en Mai 2012 mais il se réveille !

 
 
 
 
XOXOXOXOXOXOXOXOXO
 
 

JUIN  2012   Alain Teyssonnière de Gramont  

 

ELECTIONS 2012 : la facilité préférée à l’effort et le confort domestique à la grandeur de l’Europe… le peuple français s’égare quand ses élites pensent faux !

 
 

J’ai fait un rêve 

 

Le 6 Mai, le Président était réélu ! Il allait pouvoir mener à son terme la bataille pour le redressement de la France en rétablissant ses comptes et sa compétitivité, et pour la refondation de l’Europe en consacrant le directoire franco-allemand. La France et l’Europe allaient enfin pouvoir réaffirmer leur existence et leur rôle dans l’émergence du monde du 21è siècle.

 

La marée de la bien-pensance qui nous submergeait, allait refluer et le penser-faux reculer. Les intellectuels allaient désormais s’occuper de l’élaboration de leurs concepts plutôt que des affaires du monde dont ils n’ont pas nécessairement l’intelligence. On entendrait moins souvent gloser les belles âmes, Stéphane Hessel ou Edgar Morin par exemple, les philosophes, sociologues et autres penseurs ou « experts » en sciences humaines, politiques, économiques, ou sociales, universitaires « hors sol » pour la plupart, qui discourent en pontifiant dans un PAF consensuel et conforme dont les élucubrations n’ont pas de sanction puisqu’il n’y a pas d’action. Les journalistes du « secteur public de l’information » ne se feraient plus les vulgarisateurs acharnés du penser-faux, des bons sentiments et des poncifs moraux et sociétaux … et ceux du secteur privé, media bourgeois comme Le Monde, Libération, Marianne, Le Nouvel Observateur, ou media « justiciers » à la façon Mediapart, sentiraient un peu mieux l’absurdité de leurs fantasmes et l’incongruité de leurs prêches, indignations ou bavardages bien-pensants face aux nécessités de l’action pour contrer les périls qui menacent. On aurait enfin, évité la phraséologie et les imprécations des bons samaritains du socialisme qui n’ont toujours rien appris des erreurs de leurs anciens et continuent de réciter un catéchisme inadapté aux temps qui viennent, ceux de la nouvelle génération comme par exemple, les charmantes mais vipérines Najat, Aurélie ou Delphine, les plus mûrs des ex-bandes « SOS Racisme » et autres associations-relais du Parti ou encore les Ayrault et Montebourg gonflant leur bulle à chaque fois qu’ils s’expriment, les plus âgés grandis à l’époque de Mitterrand comme « le Candidat par défaut » lui-même, Laurent Fabius dont la comédie politique lui a autrefois très opportunément permis d’aller chez Mitterand plutôt que chez Giscard, la papillonnante et inattendue Ségolène Royal, la première secrétaire du Parti et grande promotrice de la politique du « care », Martine Aubry, ou une autre donneuse de leçons, la sévère pour les autres mais très jésuitique Elisabeth Guigou, … sans parler du troisième âge du Parti, le toujours virevoltant Jack Lang pour qui « tout est art et le socialisme pure lumière », Michel Rocard dont Ségolène avait repris le rêve autogestionnaire cinquante ans après, le temps qu’elle perde sa campagne de 2007, Jacques Attali, l’homme-catalogue de toutes les recettes socio-économiques parmi lesquelles on en trouve toujours au moins une qui vaille entre beaucoup de « portes ouvertes enfoncées » et de mesures désastreuses comme celles des premières années du mitterandisme, les grandes âmes à la façon de Robert Badinter avec ses étranges conceptions du partage des responsabilités entre individu et société quand il s’agit de « surveiller et punir » les délinquants, Lionel Jospin et sa malheureuse décision de mettre en œuvre avec Martine Aubry, les 35 heures de l’ineffable Dominique Strauss-Kahn qui, malgré ce contre-sens économique absolu, était resté jusqu’à sa bouffonne aventure du printemps 2011, « le vrai et seul Candidat sérieux » et le meilleur économiste du monde ( !) aux yeux de ses gentils camarades du Parti …. On allait enfin, échapper à la logorrhée « verte » avec sa petite part de vérité écologique et sa grande part de fantasme écologiste mais surtout, ses velléités de remplacer la dictature du prolétariat par ce magma confus d’écologisme intransigeant et de permissivité sociétale, devenu l’idéologie de reconversion des anciens trotzkistes, maoïstes et autres anarcho-gauchistes déboussolés.

 

Voilà ! dans mon rêve, j’échappais à tout cela mais surtout, la France pouvait espérer continuer sans trop de drames l’œuvre engagée de redressement, et à travers l’Europe dont elle avait pris la tête avec l’Allemagne, prendre sa juste part des affaires d’un monde en pleine mutation, une mutation à ne pas rater parce qu’elle bouleverse absolument l’ordre ancien des choses comme jamais depuis la Renaissance ! Les finances publiques allaient être rétablies et par là sauvegardée, l’indépendance de choix politique, économique et social du pays. Les services publics allaient être remis en ordre pour qu’ils rendent des services de meilleure qualité à moindre coût et les décisions nécessaires prises pour redonner sa compétitivité à l’économie française et relancer ainsi la croissance et l’emploi. Les problèmes sociétaux et d’abord ceux de l’immigration, de l’éducation des jeunes, en particulier celle des jeunes immigrés, et ceux de la cohésion sociale par l’intégration satisfaisante de ces derniers dans le tissu national, allaient enfin être traités avec la fermeté et le réalisme nécessaires au lieu d’être niés et négligés. On ne se contenterait plus de laisser se développer un brouet multiculturaliste sans identité propre et un laxisme éducatif et social irresponsable qui par la perte des repères de base qu’ils engendrent, ne font qu’exacerber le communautarisme et les tensions sociales dans les quartiers « sensibles » et partout ailleurs, la désespérance et le chômage des jeunes avec la porte ainsi laissée grande ouverte à la facilité, l’oisiveté, la morosité, la négation de tout et de soi-même et au bout du compte, la délinquance ou le suicide.

 

Hélas, le 6 Mai, ce fut le candidat social-bien-pensant ! … et le pire est qu’il fut élu sans enthousiasme comme si les français avaient senti qu’ils faisaient une bêtise ! … et déjà déferle le raz de marée des bons sentiments             d’un gouvernement exemplairement petit-bourgeois comme si la France n’avait rien de plus décisif à faire que de faire semblant d’économiser sur les traitements et frais de transport des ministres à l’exemple des tranquilles petites royautés ou républiques du Nord, relâcher la pression sur l’école, la délinquance et l’immigration tout en reprenant les fausses indignations mitterandesques sur les riches, les pauvres, la justice, l’égalité et tous les grands mots qui vont avec à défaut de pouvoir faire quelque chose de concret pour résoudre ces problèmes dans l’immédiat !

La droite a dit au peuple une vérité rugueuse mais vitale : « Français, cessez de vous plaindre et secouez-vous car le monde vous court après et ne vous fera pas de cadeau ! ».

La gauche l’a endormi de façon très jésuite et mensongère : « Français, ne vous inquiétez pas ! Nous veillons sur vous, … rêvons ensemble d’un autre monde ! ».

Le peuple évidemment, a choisi la gauche du bonheur sans effort et de l’irréalité bavarde. La gauche encore une fois, a trompé le peuple et le peuple a lâchement préféré se laisser tromper !

Que faire alors ? Changer le peuple ? … la démocratie reste encore le moins mauvais des systèmes politiques. Le mieux serait de l’aider à se changer lui-même à défaut qu’on puisse le changer … « vaste programme » comme disait de Gaulle ! Ou alors, attendre que la gauche cesse de penser faux ? … mais là, nous rêvons, or il faut agir vite, juste et fort !

 
 

Ainsi les français ont choisi !

Ils ont eu moins peur de la rassurante dégaine de Chef Comptable de l’un que de l’allure plus inquiétante de Chef de Commando de l’autre ! Ils ont pris pour chef, le candidat par défaut de l’appareil du parti socialiste qui promettait de ne rien bousculer, plutôt que le Président sortant qui risquait effectivement de les secouer encore un peu plus lors de son second mandat ! 

Face aux périls, ils ont encore une fois préféré se vautrer dans la facilité en se laissant sciemment tromper par la vulgate de la gauche bien-pensante, comme en 1936 quand ils ont préféré prendre des vacances au lieu de préparer la guerre, comme en 1981 et en 1997 quand ils ont préféré travailler moins quand les autres décidaient de travailler plus, décisions à contresens dont l’économie française traîne encore le boulet dans la tourmente de la compétition mondiale qui ronge peu à peu nos marchés, notre économie et nos emplois. Le petit-bourgeois français a donc préféré le « penser-faux » et la démagogie. Il a rejeté le langage de la discipline, de l’effort et de la responsabilité dont il était déshabitué depuis trop longtemps à force d’écouter le discours du laxisme sociétal de nos belles âmes, de profiter de l’assistanat social promu par nos politiciens pour leurs clientèles respectives, de tolérer la permissivité et le laisser-faire de nos éducateurs au nom de théories fumeuses sur « l’auto-construction » des jeunes esprits et de s’imprégner d’une bien-pensance pour peuples riches répandue par nos soixante-huitards et leurs enfants devenus bobos.

La France va ainsi repartir à contre-sens au risque de devoir bientôt faire un douloureux rétropédalage alors que la moitié du chemin avait déjà été faite par les gouvernements de 2010 et 2011 et qu’il va falloir refaire après le prochain coup de semonce financier.

« La France n’est pas seule » disait de Gaulle en 1940, … il parlait de la conduite d’une guerre mondiale que la France n’avait plus les moyens de mener seule après la bataille de Dunkerque. Aujourd’hui, il en est de même de l’économie en raison des crises successives de 2008 à 2011 et de l’émergence des nouvelles puissances extra-européennes : il n’y a plus de « solutions purement françaises » aux problèmes de la France, elles sont nécessairement européennes et mondiales et penser que la France « s’en sortira sans les autres ou mieux encore à contre-courant des autres » est une chimère à laquelle s’accrochent encore trop de français inconscients trompés par la bonne conscience et l’idéologie d’une gauche qui n’a pas encore achevé son aggiornamento ni pris la mesure des défis du siècle.

Le pays en effet, ne peut plus se permettre la moindre facilité et les erreurs de 1981 ou 1997 qui étaient encore rattrapables dans l’état de la compétition économique et des finances de la France dans le monde d’alors, ne le sont plus maintenant. Et sans même parler d’erreurs de cette sorte, le simple « benign neglect » et le laisser-aller budgétaires qui, depuis trente ans, permettaient de satisfaire lâchement les clientèles particulières et les intérêts catégoriels, ne sont plus tolérables compte tenu du niveau de la dette et des nécessités de « flexibilisation » de notre économie face à la compétition du reste du monde. Il en résulte qu’au moindre dérapage dans le processus de retour à l’équilibre 2013-2017, à la moindre anicroche dans la coopération franco-allemande pour réagir à une crise du type grec ou à la première erreur politique, économique ou financière, c’est le processus grec, irlandais, portugais, espagnol ou italien qui s’imposera aux français … avec un douloureux rééquilibrage de notre système de protection sociale et de nos paramètres économiques, prix, salaires, avantages sociaux, emploi privé, fonction publique, consommation et investissements ! 

Ce rééquilibrage était en cours et pouvait être obtenu à moindres frais, il risque de l’être à grands frais avec François Hollande … à moins que lui aussi, ait abusé ses électeurs et qu’il renonce à son programme, trompant encore une fois le bon peuple comme Mitterand l’avait fait sans vergogne après s’être répandu en idées fausses et mensonges prometteurs pour se faire élire. La différence toutefois est qu’en 1983, ce n’est pas la crise qui a fait reculer Mitterand mais seulement ses erreurs et ses fallacieuses promesses dont l’application même partielle, s’était révélée désastreuse. Avec Hollande, c’est plus inquiétant car nous avons les deux : la crise et les promesses ! Mitterand avait « ré-enchanté le rêve de la gauche française » beaucoup plus fortement mais la France pouvait encore se permettre ces ruineuses bêtises ! Hollande fait moins fort mais prend des risques beaucoup plus fous dans la situation économique et financière actuelle de la France par rapport à l’Europe et au reste du monde !

Quant à accélérer la croissance, réduire le chômage et améliorer le pouvoir d’achat, la seule voie est celle de la compétitivité … et donc celle des réformes structurelles drastiques et non celle d’une archaïque relance de type keynésien compte tenu du niveau de saturation globale des nos besoins, de l’importance de notre consommation importée et de la rigidité de nos structures de production et des services publics. Elle est encore moins celle des dépenses supplémentaires d’un assistanat à la consommation et à l’emploi déjà excessif et mal réglé qui amollit les volontés, creuse les déficits publics, réduit la compétitivité de nos entreprises en alourdissant leurs charges et prive les investisseurs des bénéfices qu’ils pourraient réinvestir dans l’économie plutôt que d’avoir à renflouer les caisses sans fond de services publics toujours plus gloutons et moins efficaces.

On n’a pas attendu les illuminations du candidat Hollande, pour se préoccuper d’accélérer la croissance comme moyen de réponse à la crise mais il reste en effet, à se mettre d’accord sur la nature et les moyens de la relance dont il se fait le bruyant héraut … Les mesures qu’il évoque (« project-bonds, renforcement des fonds de la BEI, taxe sur les transactions financières, utilisation des reliquats des fonds structurels) sont sur la table depuis plus d’un an et sont loin de répondre à l’ampleur du problème en supposant encore qu’elles puissent être adoptées sans trop de délai dans l’état comateux du circuit de décision bruxellois. S’agissant des vraies mesures de relance, celles qui touchent à la compétitivité en matière de gestion publique et privée (allègement des charges par la réorganisation et la réduction des coûts des services publics, généralisation du principe de « flexi-sécurité » en matière d’emploi et de salaires, autres mesures structurelles) on attend : 1. que le Président nouveau prenne ces mesures ou les fasse prendre, 2 . qu’il résiste ensuite à la rue, aux syndicats, aux mécontents et aux déçus du socialisme ! Alors, il sera grand !

 

Sur les deux points cruciaux que sont la discipline budgétaire pour rétablir la confiance et la compétitivité pour relancer l’économie, comment peut-on croire que le bon Monsieur Hollande sera capable de prendre les décisions difficiles qui s’imposent alors qu’il les a ignorées ou rejetées de son programme et se refuse obstinément à voir la réalité du monde qui nous entoure ? Les français le savent mais ils ont fui leurs responsabilités et ont lâchement voulu s’endormir sur les promesses intenables du moindre effort, de plus de social pour tous et de plus de « cocooning » pour les jeunes. Ils se réveilleront avec plus d’inflation et plus de chômage en passant probablement par une crise majeure de défiance du reste du monde qui obligera le gouvernement à prendre les mesures dramatiques qu’on voulait précisément éviter. Le gouvernement aura alors failli et mis le pays et les français en état de cessation de paiements … à moins encore une fois, que le Président élu ait menti à ses électeurs et qu’il soit capable de faire le contraire de ce qu’il a promis. Il ne faut pas désespérer cependant, car il n’a jusqu’à présent mis en œuvre que quelques mesures saugrenues et insignifiantes et remis à plus tard (après les législatives ! voire après l’été !) les décisions difficiles, les coupes dans les dépenses, l’augmentation des impôts, les discussions avec les syndicats sur les salaires et la flexibilité, etc… Il a en tous les cas, déjà bien mérité son qualificatif de « Président du flou » mais c’est loin d’être rassurant pour autant car il faudra bien décider un jour !

Que dire maintenant du gouvernement qui vient d’être mis en place ? On souhaite bonne chance au « redressement productif » d’Arnaud Montebourg dans les conditions qu’on vient de décrire, à Madame George Pau-Langevin chargée de la « réussite éducative » (sic !) alors que son Ministre de tutelle (lui-même comme le Premier Ministre et d’autres au gouvernement, issu d’un « communauté enseignante » imprégnée des utopies éducatives post-soixante-huitardes !) semble déjà engagé dans la voie du retour au laxisme pédagogique sinon encore dans celle des fumées pédagogistes et des facilités syndicales, à Marylise Lebranchu dans son effort de « réforme de l’Etat, décentralisation et fonction publique » quand le Président lui-même affirme qu’on doit mettre fin « au manque de moyens » alors qu’il s’agit tout simplement de mettre les gens au travail plus efficacement en réformant leurs missions, fonctions et procédures et en flexibilisant leur statut ! Quant à Madame Taubira, bien connue pour avoir fait réapparaître en 2001, comme dans le vaudou, le problème de l’esclavage qui était réglé depuis presque deux siècles, elle multiplie les signaux négatifs à l’égard des jeunes voyous en mettant en question les procédures correctionnelles qui avaient été renforcées à l’intention des plus voyous d’entre eux et en prônant le retour au « tout préventif » ainsi qu’à la « culture de l’excuse » que l’on avait eu tant de mal à extirper des cerveaux de gauche depuis les bien-pensantes homélies de Robert Badinter dans les années 70 et 80 ! On attend les réactions d’un Emmanuel Valls et de « ses policiers » devant ce reflux de l’angélisme car ils ont, eux, à composer avec la réalité et savent bien que tout le monde n’est pas nécessairement beau ni gentil ! Le processus de déresponsabilisation est le même dans la justice que dans l’éducation : chimère contre réalité, laisser-aller contre fermeté, inconscience contre responsabilité.

Bref, la gauche confirme qu’elle est devenue une bourgeoise et respectable femme du monde qui se permet de dire n’importe quoi dans les salons au nom de la bien-pensance et des bons sentiments. Tant qu’elle y reste, elle ne risque pas d’y être sanctionnée par les faits mais quand elle arrive au pouvoir, elle se trouve obligée de faire le service minimum des idées fausses et quand la catastrophe arrive, elle argue qu’elle n’est pas responsable parce que ses intentions étaient pures ! On l’a vu dans l’après-communisme et après chaque période socialisante. Le jésuitisme semble inhérent aux idéologies et comportements de gauche mais la grande différence est que les jésuites maîtrisent très bien la différence entre réalité et idée, entre sens commun et idéologie. La gauche au contraire, se laisse abuser par l’idée et se met à penser faux. Pire encore, elle n’hésite pas à abuser le peuple pour faire son bonheur … et cela malgré lui voire contre lui s’il le faut !

 
 

Sauver la France pour faire enfin l’Europe

 

Que deviendrait la France au cas où le nouveau Président persévère dans l’erreur ou ne puisse pas imposer le nécessaire rétropédalage à ses troupes, aux syndicats ou à la partie du peuple qu’il aura trompée ? La France ne mourra pas bien évidemment mais elle aura probablement perdu une bonne dizaine d’années pour d’abord, revenir à elle et ensuite, reprendre sa marche en avant. Elle était en passe de redevenir la puissance-pivot en Europe en consolidant la coopération franco-allemande et en réaffirmant la primauté des Chefs d’Etat dans le processus d’intégration européenne. C’est par l’Europe en effet, et en jouant de façon très volontariste son rôle moteur traditionnel, que la France pourra rester une grande puissance … à moins qu’elle-même et les autres pays européens n’aient d’autre ambition pour l’Europe que d’en faire un grande Suisse bien gérée (l’Allemagne pourrait succomber à cette tentation) ou un satellite de l’Amérique (on peut en soupçonner l’Angleterre ), qui n’aurait plus de rôle que petitement régional !

 

Peut-on alors espérer que François Hollande aura la volonté et sera capable de poursuivre le processus de « directoire européen » enclenché par Nicolas Sarkozy et Angela Merkel pour pallier les déficiences de capacité de décision au niveau de Bruxelles c'est-à-dire de l’Europe à 27 ? Après de Gaulle qui en avait esquissé le concept, ils ont fait bouger les choses dans le sens d’une Europe-puissance capable de tenir sa place dans le monde du 21è siècle. Il y faudra une vision, penser grand et agir fort ! Une gestion bonhomme ou velléitaire n’y suffira pas … or, les premières déclarations de François Hollande à ce sujet, laissent à penser que, cédant à ses penchants, il préfèrera une Europe magmatique molle et consensuelle plutôt qu’une Europe entreprenante et décidée que son axe franco-allemand devrait nécessairement bousculer quelque peu ! Le rejet démagogique de la simple discipline budgétaire qualifiée « d’austérité à l’allemande », l’idée saugrenue de « renégocier » le traité européen du mois de Mars 2012 et les velléités de retour en arrière sur la réforme des retraites et les actions de réduction des coûts des services publics, ne sont pas non plus du meilleur augure pour l’entente franco-allemande à la tête de l’Europe ni pour la santé future de nos finances publiques ! ... et on ne  parle  pas des foucades du ministre Montebourg et plus grotesque encore, du Premier Ministre accusant la Chancelière allemande "d'aveuglement idéologique " pour l’un et de « simplisme » pour l’autre ( !!!) ... ou encore de cette ridicule cabale du Président français et du Président du Conseil italien en date du 15 Juin 2012 à Rome, tentant de "faire plier" Angela Merkel : on rirait bien de ces guignolades si ce n'était si grave ! On risque en effet, de pousser l'Allemagne à vouloir quitter l'euro et choisir le  scénario de la Grande Suisse laissant l'Europe se désintégrer en un assemblage hétéroclite de pays dont on n'entendrait  même plus la voix dans le concert des nouvelles nations ! Ce n'est pas l'intérêt ni l'ambition de la France et notre Président joue avec le feu alors que chacun sait que c'est avec l'Allemagne d'abord, qu'il faut faire l'Europe ... inconscience ? orgueil mal placé de joueurs "petits bras" ? coup de poker dangereux ?  ou simple bêtise ? … en tout cas, irresponsabilité d’Etat et manque de hauteur de vue de nos nouveaux acteurs !

Pour le court terme, c’est à dire faire face à la crise, il faut comprendre que la "mutualisation des risques" (euro-obligations, extension du rôle de la Banque Centrale et des mécanismes européens de stabilisation, ...) a pour corollaire la généralisation d'une "discipline budgétaire et bancaire mutuellement contrôlée" et que la croissance implique des réformes drastiques de compétitivité difficiles et impopulaires. L'idée de  croissance en effet,  n'est pas spécifiquement  française (et encore moins "hollandesque") ni la  notion de discipline spécifiquement allemande : elles  doivent être communes et coordonnées !!!  Le retour de la confiance en l'Europe et en l'euro dépend évidemment de l'étroitesse et de la solidité du lien franco-allemand.

Pour le long terme, à savoir la survie de l'Europe et son rôle futur en tant que puissance mondiale, tout dépend de la "qualité" de l'harmonisation, de la coordination et de l'intégration progressives des politiques française et allemande dans le domaine économique et social puis dans celui de la politique étrangère et de la  défense.

A l'heure présente, on peut fortement douter que le  nouveau Président français l'ait bien compris ... tandis qu’inaction, décisions à contre-sens, velléités et rodomontades accroissent chaque jour le danger !

 
 

… et le peuple français cafouille, trompé par les bons pasteurs du penser-faux

 

La majorité du peuple français a donc lâchement accepté de se laisser abuser par le candidat du moindre effort en refusant de voir la réalité, se laissant bercer par le chant des sirènes socialisantes qui lui promettaient de préserver son confort de petit-bourgeois.

Un tel comportement est la conséquence logique du long processus d’enrichissement matériel dû à la massification des techniques de production tandis que la massification des techniques de communication et de marketing provoquait une désastreuse « médiocrisation » de la pensée et du comportement de l’homme occidental, lentement et inexorablement conditionné par le « penser-faux standard » de ses élites intellectuelles, politiques et journalistiques !

Peurs, fantasmes et indignations sont en effet, les manifestations actuelles d’une erreur de processus intellectuel qui a permis aux primitivités des vieilles idéologies de combat social de se transcender en une bien-pensance de masse politiquement et socialement correcte où la très chrétienne (et donc très ancienne !) culture des bons sentiments et des droits de l’homme dans la société s’est exacerbée en faisant figure d’idéologie nouvelle !

 

Nos intellectuels germanopratins d’après-guerre ont à cet effet, « structuré » le processus en le débarrassant des scories « totalisantes » du marxisme appliqué, nos bourgeois « révolutionnaires » de Mai 68 l’ont braillé dans les rues, nos modernes penseurs humanitaristes et les « milieux culturels » en ont préparé les éléments « marketing » et nos hommes de media avec leurs experts et leurs humoristes se sont chargés de disséminer le virus pour en faire le « standard » de pensée et de comportement du petit-bourgeois occidental. Ce dernier est devenu l’homme nouveau du stade actuel d’évolution de notre société, celui dont Jünger disait de façon prémonitoire : « bien qu’il ne soit pas dépourvu de lieux communs spécieux, il sera dispos, intelligent, actif, méfiant, sans amour pour les belles choses, dénigreur par instinct des types et des idées nobles, attentif à ses avantages, épris de sécurité, docile aux propagandes, enflé de théories philanthropiques, mais tout aussi enclin à recourir à la contrainte pour peu que ses proches et ses voisins ne se plient pas à son système ».

Simone Weil ajoutait en parlant des faiseurs de bien : « …. améliorez le sort matériel du peuple et vous risquez d’altérer son âme, dévouez-vous entièrement à quelqu’un et vous cessez d’exister pour lui, …. Seul le bien imaginaire ne comporte pas de contradiction : le réformateur social qui rêve le bonheur du peuple ne se heurte à aucun obstacle tant qu’il ne passe pas à l’action ; il vogue à pleines voiles dans un bien pur mais fictif ; le choc contre l’écueil est le signal du réveil … ». La gauche bien-pensante et les humanistes de tous bords qui confondent humanisme et sensiblerie devraient longuement méditer cela car bien-pensance et penser-faux conduisent à l’erreur et au malheur des faibles qu’ils prétendent protéger.

Devant l’émergence triomphale du petit-bourgeois moyennement enrichi d’après-guerre, nos sociologues, penseurs sociaux et politologues en sont venus à expliquer que la « peur du déclassement » poussait les classes dites moyennes à rejeter les partis traditionnels et à se réfugier dans le vote extrémiste de droite ou de gauche. On veut bien que ce soit le cas en temps de crise comme actuellement depuis 2008 mais notre petit bourgeois européen ne devrait pas avoir peur puisqu’il n’y a plus en vérité en Europe, qu’une seule vaste classe qui regroupe les avatars modernes de ce qu’on appelait autrefois ouvriers, employés, techniciens, fonctionnaires, cadres, professions indépendantes, etc … c’est à dire d’un côté, tous ceux, les plus nombreux, qui sont montés vers ladite classe et de l’autre côté, tous ceux, moins nombreux, qui y sont descendus ! De cette immense masse centrale, n’émergent en effet, que quelques très riches qui devront d’ailleurs, apprendre à devenir des très riches plus propres et un certain nombre de très pauvres dont les faiblesses ou handicaps sont pris en charge par les organismes publics de protection sociale et/ou les associations de bienfaisance et secours.

 

Ce phénomène de « massification/moyennisation » n’est pas seulement européen, il est mondial car tous les pauvres du monde, et ils sont des milliards, aspirent à « monter » dans cette immense classe centrale : il ne faut donc pas raisonner sur les seuls comportements de temps de crise mais aussi sur les comportements de long terme, pas seulement sur nos problèmes domestiques français ou européenss mais aussi sur ceux du monde !

Alors ! Ce dont notre petit bourgeois européen devrait avoir peur, ce n’est pas de son propre déclassement, c’est du « déclassement de la France »  car le sien propre s’ensuivrait à coup sûr. Jusqu’à présent en effet, c’est bien la France qui a porté la seule vision qui vaille de l’Europe, celle d’une Europe européenne, d’une Europe-puissance ayant la volonté et la capacité de prendre sa part de l’avenir d’un monde en plein bouleversement et de protéger les siens au milieu des aléas et des tempêtes qu’il faudra affronter !

Nous avons la grande tristesse de douter que celui que les français viennent de propulser à leur tête et le gouvernement que ce Président vient de nommer, puissent être les garants et les moteurs d’une telle Europe.

De Gaulle avait eu la vision d'une Europe unie et forte autour de la France et de l'Allemagne. Nicolas Sarkozy et Angela  Merkel  ont commencé de la  mettre en oeuvre sous la pression de cette crise liée à l'émergence du monde du 21è siècle. On avait déjà fait la moitié du chemin.

François Hollande sera-t-il assez grand pour achever l'ouvrage et faire sienne cette vision de l'Europe et de l'avenir  de la France ?  Et si ce n'était pas le cas, le monde aura-t-il la courtoisie d'oublier la France pendant 5 ans ou fera-t-il payer "cash" leur inconséquence aux français ?