Cessons de fantasmer sur les rapports passés de l’Europe et du monde



Cessons de fantasmer sur les rapports passés de l'Europe et du monde ... et libérons nos énergies pour une cause qui vaille !

Avec la conférence de Copenhague sur le climat, surgit l’ombre des Traités Inégaux desquels la Chine humiliée cherchera sa revanche si on ne lui montre pas la considération que mérite une vieille civilisation. De même l’Inde après les empires portugais, français et britannique et aussi le reste de l’Asie, l’Afrique, l’Amérique Latine et le monde arabe entretiennent une certaine rancœur à l’égard de l’Europe ou de l’Amérique. Cela peut paraître explicable sinon justifié au regard de l’histoire des cinq derniers siècles. En revanche, la complicité active des adeptes occidentaux de la bien-pensance et de la repentance post-marxistes et social-chrétiennes dans le dénigrement de l’Occident, est totalement irresponsable dans la perspective d’un avenir qui ne peut être que commun. Ils mettent sciemment de l’huile sur le feu en les poussant à accuser l’Europe et l’Occident en général, des péchés de colonialisme, d’esclavagisme, de brutalité guerrière, et bien sûr, d’exploitation des « richesses des pauvres », …

 

Tous pourtant, ont péché avant l’Europe et certains sont prêts à pécher à nouveau : l’Empire chinois qui recommence à croire qu’il est du Milieu et dont les prétentions maintenant ne se limitent plus seulement à l’Asie du Sud-Est, les Pharaons qui allaient chercher leurs danseuses jusqu’en Ethiopie, les Assyriens qui déportaient le peuple juif, les invasions arabes jusqu’en Espagne et en Inde et l’Islam répandu jusqu’en Indonésie et au cœur de l’Afrique, le commerce généralisé des esclaves dans le monde antique méditerranéen ou asiatique et celui plus récent des esclaves noirs pratiqué pendant des siècles par les marchands arabes, les razzias sarrasines et les pirates barbaresques qui revendaient leurs prisonniers européens sur les marchés du Sud de la Méditerranée, etc…

 

Où est l’antériorité et qui est le plus fautif ? On ne peut pas laisser ainsi oublier ni biaiser l’histoire du monde même si nos belles âmes et nos mauvais penseurs en font quelques complexes avec leurs problèmes existentiels. Ceux-ci mal guéris du marxisme et des avatars qu’ont cherché à en tirer nos « philosophes » pre- et post-soixante-huitards, prônent maintenant des placebos écolo-altermondialistes très bobos, l’enrichissement de notre civilisation par l’immigration sans limite et le multiculturalisme planétaire, l’auto-éducation des jeunes sans contrainte ni devoir, la responsabilité « essentielle » de la société à l’égard des délinquants, la distribution sociale des richesses non encore produites et la création d’emploi par la généralisation des services publics qui recruteront proportionnellement à leur taux d’inefficacité, sans parler bien sûr, de la « juste réhabilitation » que réclament nos intellectuels pour les criminels politiques qui n’ont pas hésité à tuer ou massacrer au nom de leurs multiples idéologies et révolutions ratées.

 

Ils agitent en même temps, les poncifs charitables et culpabilisants hérités du christianisme et les récriminations vengeresses dérivées du marxisme. Ils mélangent tout en pensant confusément que cette dialectique un peu sommaire pourra résoudre les petits problèmes internes de leurs pays riches en même temps que les gros problèmes de développement des pays pauvres. Ils réclament par exemple que les pays riches paient pour les pauvres et stigmatisent « les milliards qu’on a donnés (?) aux banques » pour réduire la crise ! « Avec tous ces milliards, il n’y aurait plus de pauvres dans le monde » disent-ils.

Ils oublient simplement que le problème central de l’aide n’est pas de donner plus car la plupart des pays en développement ne disposent pas des moyens humains ni de l’environnement socio-économique et institutionnel qui leur permettraient d’absorber une aide beaucoup plus importante alors que l’aide actuelle est déjà très mal orientée et très mal gérée. Le développement en effet, est une question d’approche et de méthode donc un problème d’hommes avant d’être un problème d’argent. Ils oublient aussi que sans les banques dans les pays développés, il n’y a plus d’entreprises, sans les entreprises plus d’emploi et sans entreprises ni employés, plus de ressources publiques et donc plus d’argent pour les pauvres ! … ni les pauvres « développés » ni les pauvres « en développement » !

 

Que nos belles âmes et grands récriminateurs reviennent donc sur terre et cessent de penser faux ! L’humanisme final est l’objectif commun mais les lubies du politiquement correct sont incompatibles avec la réalité du développement. Il est temps de surmonter nos rancœurs respectives … l’histoire a été ce qu’elle a été de l’Antiquité à nos jours ! Seul l’avenir importe maintenant. Il faut rassembler nos forces au lieu de les épuiser en querelles stériles qui deviendraient suicidaires dans un monde désormais clos.

 

L’Europe a dominé le monde depuis la Renaissance parce qu’elle a développé des savoirs et maitrisé des techniques qui lui ont permis d’ériger le progrès en perspective incontournable de l’humanité tandis que les autres peuples se sont endormis sur leur culture et leurs modes de vie ancestraux. Et par progrès, on n’entend pas seulement la capacité de produire toujours plus pour satisfaire des consommateurs toujours plus goulus ! Il s’agit aussi de l’homme, du respect des autres, de l’élévation morale et spirituelle, du courage, … bref, de la démocratie par la vertu et la hauteur des sentiments.

Il serait malvenu de le reprocher à l’Europe au moment où son « modèle » est devenu universel et où il s’avère le seul capable de faire face au défi démographique et d’inventer les solutions pour un développement durable et juste au niveau planétaire.

En effet, le reste du monde s’éveille et réclame maintenant sa part. L’Europe ne demande qu’à l’aider en le faisant profiter des ses avancées scientifiques et techniques … mais de grâce, qu’on ne lui réclame pas cette aide comme si c’était un dû !

La tutelle coloniale a cessé depuis plus d’un demi-siècle et les élites des pays en développement ne sont plus excusables de ne pas gérer « proprement » leurs affaires. Assez de récrimination et d’arrogance de part et d’autre, mettons-nous sérieusement au travail !

Ces propos ne sont, certes, pas très « corrects » mais le développement à venir des trois quarts de l’humanité et le progrès du quart le plus avancé (à savoir le nôtre !) réclament maintenant moins d’angélisme (ou de cynisme) politique. Il faut construire un véritable partenariat pour le développement et ne plus se satisfaire de mots et de faux-semblants. Cela demande plus de réalisme dans l’analyse des problèmes et la recherche des solutions, et plus d’esprit de décision dans l’action.