Laissons donc se tromper les penseurs mais que faire des journalistes ?



Laissons donc se tromper les penseurs et commentateurs, économistes, sociologues, philosophes, hommes de bien ou mondains … « Errare humanum est » … sed diabolicum lorsque les journalistes s’en mêlent car alors, c’est le peuple tout entier qu’on égare  !

 

Peu importent par exemple les imprudences du professeur Robert Fogel, universitaire américain et Prix Nobel d’économie, qui s’est distingué aux Rencontres du Cercle des Economistes d’Aix en Provence de Juillet 2009 en pronostiquant pour la Chine, un PIB de plus de 120.000 milliards de dollars en l’an 2040 soit encore plus que ne donne la bête extrapolation du taux de croissance chinois des dernières années, à supposer que ce dernier taux soit tenable par la Chine pendant encore trente ans ! Même les Prix Nobel ont le droit de dire n’importe quoi et d’oublier certains paramètres politiques, sociaux et environnementaux du développement qui risquent fort de contrarier leurs calculs d’économie mathématique !

Les économistes en effet, se laissent trop souvent emporter par leur confiance en leurs modèles alors que ces derniers ne peuvent prendre en compte tous les paramètres, en particulier les non-mesurables. Etant aussi par ailleurs, des « animaux politiques penchant plutôt d’un côté que de l’autre », ils laissent souvent leur subconscient interpréter voire déformer la réalité socio-économique pour justifier comme par hasard et toujours très rationnellement, leurs préférences idéologiques ou leurs dadas aux dépens du simple bon sens.

Les sociologues, anthropologues, socio-économistes de leur côté, n’ont pas de « modèles » aussi sophistiqués et peuvent ratiociner sans risque. Généralement universitaires ou chercheurs à vie, ils se limitent prudemment, à couper les cheveux en quatre à l’occasion d’analyses aussi savantes que confuses sans jamais vraiment fouiller les solutions pour l’action comme on le voit dans leurs cours magistraux, études, colloques, symposiums et forums !

Quant aux philosophes, penseurs de la société ou simplement « honnêtes hommes cultivés », ils parlent et donnent leur opinion, en connaissant (parfois) ou ne connaissant pas (souvent) les sujets dont ils parlent, mais presque toujours en modulant leur discours pour le rendre compatible avec leurs penchants passionnels ou intellectuels voire leurs obsessions idéologiques. C’est humain et pardonnable mais cela peut nous emmener très loin de la réalité ou du sens commun !

Peu importent en fait, ces élucubrations d’intellectuels qui ne portent à conséquence que dans le cercle restreint de leurs admirateurs mais cela peut devenir grave quand  les journalistes commencent à battre le tambour pour répandre leurs inconséquences !

Les journalistes en effet, cherchent toujours à se placer dans le sens du vent le plus porteur pour répandre la bonne mais de préférence la mauvaise nouvelle, celle qui attire le plus l’attention du lecteur, de l’auditeur ou du téléspectateur.

 

L’audiovisuel public français n’hésite pas à porter l’oriflamme, en se faisant la caricature de l’esprit français qui serait toujours prompt à la critique systématique plutôt qu’à la construction au long cours : il semble ainsi se donner pour mission d’entretenir la morosité des masses en gémissant sur l’aspect négatif des choses et en ânonnant la complainte du « politiquement correct » plutôt que de leur redonner confiance, espoir et dynamisme pour les aider à se sortir des mauvais pas où les plongent les soubresauts de l’évolution du monde. Ce serait assurément d’une plus haute conception du « service public » que ses journalistes évoquent pourtant sans cesse comme s’ils étaient les gardiens du temple. Cela pourtant, ne les empêche pas de faire la grève dudit service et à jouer les vierges effarouchées dès qu’ils estiment qu’on attente à leur « dignité » qu’ils confondent en général avec leurs émotions politiques ou plus bêtement avec leur « statut » !

Il y a à cet égard, les media « bien-pensants donc modernes et corrects » (en France, Le Monde, le Nouvel Observateur, Libération, Canal + et malheureusement, une grande partie du « service public » en particulier France Inter, Radio France Internationale et France 3). Ils semblent se faire un devoir d’abreuver leurs lecteurs ou auditeurs de mauvaises nouvelles, de doutes et de suspicions. Ils leur remâchent les grands poncifs politiquement ou socialement corrects en prenant bien soin de se retrancher derrière leurs « experts » et relativisent toujours les bonnes nouvelles dans un sens dubitatif, systématiquement critique voire négatif. Le comble est atteint lorsqu’ils mettent leurs « amuseurs » en première ligne et cultivent la dérision pour mieux décrédibiliser ce qui pourrait être incorrectement positif car ce qui est positif est naturellement incorrect ! Ainsi se referme le cercle vicieux de la morosité, de la complainte permanente et du « no future ».

Leur bien-pensance et leur acception très conventionnelle des magnifiques idéaux confisqués par la gauche utopique, chrétienne ou marxisante, leur font toujours confondre par exemple, patriotisme et nationalisme, autorité de l’Etat et « fascisme », bonne santé des entreprises et exploitation de l’homme par l’homme, écart de rémunération et injustice sociale, contrôle des flux migratoires et xénophobie, punition des délinquants et justice de classe, sanctions scolaires ou simple notation des élèves et persécution des enfants, idem doublée d’injustice pour la sélection à l’école et à l’université, etc …, etc… 

Les « mal-pensants et incorrects » au contraire (en France, Le Figaro, Valeurs Actuelles par exemple) s’efforcent dans la tourmente, de relativiser les mauvaises nouvelles et de faire la part des évènements positifs. Ils s’efforcent de mettre en évidence les dynamiques qui nous permettraient de sortir de la crise en agissant en tant que personnes ou entités responsables et de reprendre confiance en nous-mêmes. Remercions ces derniers de leurs efforts et déplorons le gaspillage que font les premiers de l’intelligence et de l’énergie de leurs journalistes sans profit pour quiconque … sauf à coup sûr, pour l’ego desdits journalistes.

 

Obsédé par la recherche du « scoop », de l’audience ou de la notoriété, le journaliste moyen ne peut s’empêcher de grossir outrageusement l’importance de quelques détails aguicheurs aux dépens d’une honnête mise en perspective de la situation d’ensemble. C’est un défaut il est vrai, très répandu dans l’internationale journalistique quand ou voit la façon dont sont maintenant traités les Présidents Obama et Sarkozy ou la Chancelière Angela Merkel qui étaient autrefois encensés comme les faiseurs d’un nouveau monde (Angela Merkel était même devenue la « mutti » de l’Europe et Barack Obama le symbole du métissage culturel et de l’amour  universel des races et des peuples !). Malgré l’adversité, ils ont mené chacun dans leur pays, des réformes fondamentales mais « l’opinion médiatique », soudainement décérébrée, oublie qu’il y a eu une crise grave et se met à piailler pour leur reprocher de ne pas avoir encore rétabli le plein emploi, augmenté le pouvoir d’achat (en supprimant les bonus sans doute !), ni résolu les problèmes de la guerre et de la paix dans le monde !  C’est consternant !

Arte, chaîne de télévision franco-allemande du service public, vient de faire la démonstration que cette inconséquence journalistique n’est pas spécifiquement française mais bien internationale, dans une « intéressante » émission intitulée « Looking for Nicolas Sarkozy », regard de la presse étrangère sur le quinquennat du Président français (21 Décembre 2011). Des réactions très (trop) homogènes de journalistes de tendance libérale (au sens américain) qui s’appesantissent sur quelques erreurs de communication « peopolisantes » ou politiquement incorrectes du Président. Ils n’évoquent en revanche qu’au détour de ces critiques ressassées en boucle, la gestion de la crise de 2008, la crise russo-géorgienne, l’intervention en Libye, la construction progressive du noyau dur de la nouvelle Europe avec l’Allemagne ou les réformes permettant la remise en ordre de nos finances publiques comme si c’était là des détails sans importance ! … et ces journalistes bien-pensants anglais, américains, allemands, italiens, espagnols, israéliens, russes ou suisses, d’accuser le Président d’incohérence, de mépris pour les français, d’omniprésence médiatique, de fait du Prince et de préférence pour le discours aux dépens des réalisations ! On reste confondu devant tant de légèreté et d’inéquité voire de contre-vérité dans les jugements, d’exagération grossière dans la critique du comportement d’un homme il est vrai hors normes, et surtout d’incompréhension du fait politique français et du fonctionnement des institutions en France. A croire qu’Arte avait demandé au Parti Socialiste de sélectionner sa brochette de journalistes et que ces derniers faisaient partie de l’équipe de campagne du candidat Hollande aux élections présidentielles de 2012 !

Cette comédie a-déontologique aura au moins permis de vérifier que « le service public de l’information » n’est pas simplement indépendant du pouvoir mais qu’il n’hésite pas à violer allègrement le principe de neutralité qui devrait le régir, en affichant franchement ses préférences politiques et idéologiques et son hostilité à ce pouvoir . De vérifier encore, à moins que cette émission n’ait été volontairement conçue et organisée par la chaîne comme une émission de propagande en faveur du candidat de l’opposition, que les journalistes étrangers souffrent des mêmes défauts professionnels que leurs confrères français. Journalistes et commentateurs de tous les pays, ne vous jalousez pas ! votre information souvent bâclée, vos approximations et vos erreurs de jugement sont internationales ! Ils souffrent tous en effet, du même phénomène de massification, grégarisation et finalement de « médiocrisation » des réflexes, du sentiment et de la pensée, fondus en une même mélasse bien-pensante de fond de cuve intellectuel.

En France encore, les journalistes et amuseurs du service public, France 3 et France Inter en particulier, se distinguent particulièrement dans cette comédie de l’information ainsi que les habituels commentateurs bien-pensants de Marianne, du Nouvel Observateur, du Monde, de Libération et des journaux internet (ah ! les « Zorro » de Mediapart prenant le relais de nos célèbres juges-justicier(e)s, sectateurs de la nouvelle religion de la transparence et nouveaux « inquisiteurs » qui se refusent dans les affaires dont ils s’occupent, à prendre en compte d’autres impératifs nationaux ou sociaux de beaucoup plus d’importance que les interprétations qu’ils font de la règle de droit !). Ils ont pour la plupart été élevés au lait de la même bien-pensance à Sciences Po ou dans leurs écoles de journalisme et sont totalement interchangeables, passant d’un media à l’autre sans pour cela faire  une quelconque violence à leur conscience puisqu’il sont tous plus ou moins du même bord politique et de la même sensibilité « sociale et humaniste » : ainsi Nicolas Demorand par exemple, n’aboie plus sur France Inter mais articule maintenant dans Libération alors que le relais de la bien-pensance a été pris sur France Inter par le très marivaudant duo Patrick Cohen-Pascale Clark sans que cela change quoi que ce soit à la « boboisation » gauche correcte de la ligne éditoriale de l’ancienne « radio Jospin » maintenant devenue quasi-institutionnellement « radio-PS » … et pourquoi donc cette prolifération d’amuseurs pas toujours très subtils ? pour faire « moderne » à la façon Canal Plus et tenir en haleine un public qui s’ennuie ?  Un auditeur appelant au  téléphone, félicitait l’antenne pour « son insolence » : on aimerait plutôt la louer pour « son attitude critique mais constructive » ! France Inter s’affirme donc bien comme le reflet de notre société peu sûre d’elle-même et agressive qui préfère se réfugier dans  la criticaillerie et la dérision au lieu d’affronter les problèmes en cherchant  des « solutions » avec ses invités ou « experts ». On se demande d’ailleurs pourquoi ces derniers cherchent à se dédouaner à gauche (puisqu’ils en sont le plus souvent !) en faisant assaut de bien-pensance pour le gogo et en critiquant systématiquement ceux qui, contrairement à eux, sont dans l’action et non dans le verbeux ? Est-ce dû à la sélection des invités par la station ou est-ce l’esprit du temps qui veut que nos intellectuels, commentateurs, personnalités « people » ou du show-business doivent se revendiquer politiquement corrects pour continuer d’exister ?

 

Promoteurs de la morosité et de la désespérance publiques ou spécialistes des remuements nauséabonds (pour éventuellement « se payer un ministre » !),  nos « journaleux » continuent donc de croire avec une morgue et une insolence grotesques mais très étudiées, qu’ils « sont » l’opinion alors qu’il n’en sont que le vent. Au lieu de s’employer à l’enfler par une démagogie facile, il serait plus honnête de leur part et plus utile au pays, qu’ils prennent le recul nécessaire pour montrer au peuple  le fond des dossiers plutôt que leur écume. Il n’y a pas de quatrième pouvoir dans une démocratie, pas plus celui de la rue que celui des journalistes !

Les journalistes cependant, ont un grand pouvoir d’amplification des phénomènes. Ils sont  la caisse de résonance des évènements quotidiens aussi minimes soient-ils comme des idées aussi farfelues soient-elles. Leur rôle devrait être de remettre les choses en perspective mais ils  le font rarement en première page et ils préfèrent affoler le monde ce qui leur amène plus de lecteurs ou d’auditeurs.

On vu par exemple, avec quelle rapidité est montée la panique du mois d’Avril 2010 à propos de la « grippe mexicaine » qui devait ravager le monde ! Cette fois, le gouvernement s’est précipité et a évité l’erreur de la « canicule de 2003 » où il n’avait pas suffisamment pris en compte les frayeurs de nos « petits-bourgeois fragiles » donnant ainsi aux media et à l’opposition du moment, l’occasion de délirer sur le maternage des peuples et en l’occurrence sur celui des vieux et des « urgentistes » débordés !

De même le bruit médiatique fait autour du film « terrific » d’Al Gore sur la prochaine catastrophe climatique, suivi des belles images d’auto-promotion télévisuelle de Nicolas Hulot et de la masse ennuyeuse des non moins belles photos de Yann Arthus-Bertrand, à tel point que la tendance « bobo » fit un triomphe aux candidats écologistes des dernières élections européennes. Eva Joly, ancien juge-justicier et candidate « écolo » à l’élection présidentielle, est à cette occasion devenue député européen et Présidente de la  Commission chargée de l’aide au  développement au Parlement Européen où on aimerait qu’elle s’occupe plus activement des vrais  pauvres du tiers-monde que des militants Verts qui lui font beaucoup de misères !

Il est bon de parler du réchauffement climatique, nouvelle peur millénariste, mais parlons des solutions plutôt que d’affoler le peuple ! C’est plus technique et moins facile mais ce serait plus utile à « la cause ». Et en cela, restons vigilants et veillons à ce que les défenseurs de ladite « cause » n’y mêlent pas d’autres objectifs d’ordre politique ou idéologique qui n’ont rien à voir avec le développement durable et la préservation des qualités et des potentialités de l’environnement : en effet, lorsqu’on pense à certains énergumènes qui se réclament de l’écologie après avoir fait leurs classes dans « la révolution » déjà petite-bourgeoise et pré-bobo de 68, lorsqu’on entend les jeunes pousses écolo se revendiquer d’une quantité incroyable de billevesées économiques et sociales gauchisantes, que d’autres s’essaient à une fumeuse synthèse altermondialiste du marxisme et de l’écologie et que tous font preuve d’un malthusianisme et d’une rigidité très sectaires sur ce qu’il convient de faire, l’idée vous vient que la dictature de l’écologisme pourrait faire autant de dégâts au monde qu’en a fait la dictature du prolétariat … et tout ceci bien entendu, pour le bonheur de l’humanité dont les théoriciens de la socio-économie s’échinent, après l’IDH (indicateur du développement humain), à inventer les meilleurs « indicateurs » (ah ! mesurer le bonheur !).

 

Devant les errements de la pensée socio-économique et le manque de jugement des media, on comprend que « La Crise », dernier en date des soubresauts de l’évolution du monde, ait surpris le consommateur et ses financiers en pleine euphorie de goinfrerie effrénée (et ceci à crédit !! ) et qu’elle ait fait l’objet d’une telle résonance et d’une telle amplification.

A l’origine  de la crise, une véritable folie s’est emparée de l’esprit des gens : chacun à tous les niveaux de revenus, s’est gonflé de crédits pour acheter toujours plus sans pour cela, gagner plus ni travailler plus … et la bulle a éclaté !

Les media qui auparavant avaient ardemment poussé à la consommation puisque c’est la loi du monde du marketing et de la « pub », se sont laissé aller, la crise venue, à radoter sur les mêmes « plans sociaux » de quelques dizaines, centaines et parfois quelques milliers d’emplois. A force de ressasser les problèmes de licenciement, ils laissaient ainsi filtrer l’impression que chacun risquait de perdre son emploi. Et en ne parlant jamais d’embauche, ils laissaient accroire qu’il n’y avait plus de travail ni d’espoir alors que près de 10.000 personnes changent d’emploi chaque jour en France comme en Allemagne, en Angleterre ou en Italie et que le nombre d’emplois qui ne trouvent pas preneur, se compte par dizaines de milliers … mais ces emplois semble-t-il, ne sont pas du niveau de nos jeunes gens trop ou mal diplômés !

Ce manque de recul et de sens des proportions dans l’exposé des choses par rapport aux réalités sociales et économiques, dénote un regrettable manque de rigueur professionnelle parfois dû au manque de temps pour la vérification et la mise en perspective (il s’agit alors d’une annonce imprudente) mais trop souvent explicable par la fausse évidence d’une bien-pensance incontournable ou la simple mauvaise foi, l’une servant l’autre (il s’agit alors de mauvaise information, de biais politique ou même de désinformation de nature à créer, volontairement ou non, l’angoisse et le malaise social). On peut l’accepter de la part des journaux d’opinion ou de propagande mais c’est inacceptable de la part des journaux dits de référence et plus encore du « service public de l’audiovisuel »…. car on attend de leurs journalistes qu’ils nous donnent une information remise en perspective sans commentaire, mimique, interjection ou réflexion qui trahisse  leur opinion ou leurs préférences personnelles ou institutionnelles dont on n’a que faire.

C’est vrai que la crise est bien là mais l’affolement heureusement, commence à s’estomper et on ne peut pas dire que les journalistes y auront aidé ! Encore une fois, ils auront parlé ou écrit trop vite sans prendre le recul nécessaire pour valider leur « information » ni surtout tracer des perspectives plus amples pour relativiser nos malheurs et nous redonner un peu d’espérance, contribuant de la sorte à la rupture de confiance et à la panique comme ils l’ont aussi fait pour le changement climatique et pour la grippe ! Ces mêmes journalistes qui, poussés par le vent dominant d’une agitation grégaire et leur obsession d’une communication frénétique, réclament qu’on « régule » les banquiers, les industriels ou les médecins … mais pouvons-nous leur faire confiance à eux ?  Leur système d’auto-régulation personnelle et professionnelle a beaucoup  trop de ratés !

L’affolement s’estompe parce que les gens commencent à se rendre compte que le niveau du chômage, en France et en Allemagne tout au moins, a simplement retrouvé, son niveau de 2005 au cours des années 2009 et 2010 et après avoir décru au  début 2011, semble remonter à la fin de cette même année, vers le niveau qu’il avait atteint en 1999-2000, les gouvernements ayant pris entretemps, les mesures d’accompagnement qui permettent d’atténuer la souffrance de ceux qui ont perdu leur emploi pour un temps. Allons ! Personne à l’époque des gouvernements Jospin (en 1999-2000) ou Villepin (en 2005), ne jugeait la situation catastrophique et les « amortisseurs sociaux » continuent de fonctionner ce qui fait la différence avec la crise de 1929 qui, en l’absence de protection sociale, avait généré beaucoup de misère.

Quant au niveau de revenu et de consommation, il n’a pas cessé d’augmenter d’année en année depuis la guerre, pour toutes les catégories sociales, du « décile » des plus bas revenus jusqu’au « décile » des plus hauts revenus selon la terminologie des économistes sociaux … tandis que le temps de travail et sa pénibilité physique ont considérablement diminué. On apprend par ailleurs que le pouvoir d’achat des salaires a augmenté de 2,2 % en France au cours de l’année 2009 (Insee déc. 2009) malgré une contraction du PIB de 2,7 % et qu’il devrait se situer autour de 1,5 % en 2010 en ligne avec l’augmentation du PIB.

Ceci n’est pas précisément le reflet d’une situation sociale catastrophique. La situation varie d’un pays européen à l’autre (un peu mieux en Allemagne, un peu moins bien en Angleterre) mais reste dans ces parages.

Il y a dès lors quelque-chose d’inconvenant en même temps que de vain, dans nos pays riches, à « râler contre la crise et les efforts demandés » quand on les ramène à leur juste proportion, et plus encore quand on connaît la situation de pauvreté, de non-emploi ou de sous-emploi généralisé dans les pays en développement.