Agitation électorale, excitation médiatique … et des gouvernants qui gouvernent !



Agitation électorale, excitation médiatique … notre petit-bourgeois européen égaré par ses faiseurs d’opinion, s’étonne quand ses gouvernants se mettent à gouverner et lui redonnent à espérer

Une grande agitation électorale et, espérons-le, démocratique submerge le monde en 2011 et 2012 : France, Allemagne, Italie, Espagne, Etats-Unis, Russie, les « révolutions arabes » et beaucoup d’Etats africains sont concernés. Il est heureux à cet égard que Laurent Gbagbo saisi par la folie du pouvoir (et probablement envoûté par ses nouveaux « messie et gris-gris évangélistes » !), ait été poussé dehors. C’était un très mauvais exemple pour tous les potentats africains non encore jetés dans les abysses infernaux comme Mugabe, Omar el Bachir, etc… ou plus ou moins acceptés dans le « club » même si leurs priorités restent essentiellement claniques ou tribales comme ceux d’Afrique du Sud, du Nigéria, Tchad, Ouganda, Congo, Gabon, Kenya, etc… bref, presque tous !

Quant aux « révolutions arabes » dont nos grandes âmes démocrates et nos journalistes, inquisiteurs soudain devenus brebis, se sont tant entichés au cours des derniers mois, attendons de voir qui les urnes amèneront au pouvoir et comment il sera exercé. L’avènement d’une démocratie acceptable sur la rive sud de la Méditerranée, permettrait enfin, d’engager une coopération confiante et efficace pour régler les problèmes communs de développement, de migration et de civilisation sans nécessairement vouloir recréer l’Empire Romain à cette occasion ! Ce serait un évènement géo-politique considérable qui éloignerait le spectre d’une grande partie des problèmes majeurs que le monde du 21è siècle pourrait connaître.  Gardons espoir mais on a vu en Asie, en Amérique latine, en Afrique et dans le monde arabe comme en Europe de l’est,  tant d’autocrates, d’oligarchies, de régimes militaires voire de régimes théocratiques confisquer la démocratie que l’on doit attendre encore un peu avant de se réjouir !

Du côté des pays occidentaux où la démocratie est maintenant bien installée, on voit se développer deux phénomènes complémentaires qui caractérisent notre « nouvelle société » de petit-bourgeois bien homogénéisée par le progrès matériel et la protection sociale : d’une part un rejet par le peuple de ses gouvernants et le refus borné des efforts que ces derniers n’osent d’ailleurs plus lui demander depuis longtemps (cela semble-t-il, est en train de changer !), d’autre part un phénomène grégaire d’accompagnement  et d’amplification de la morosité et de la désespérance du peuple de la part de journalistes, commentateurs et « communicants » irresponsables mais malheureusement très efficaces dans ce domaine !

Sur le premier point, une population gâtée et protégée comme elle ne l’a jamais été au cours de l’histoire de l’humanité, abusée par les bons pasteurs de « l’assistanat » généralisé, ressasse  la complainte permanente d’un sort qu’elle prétend misérable. Etant habituée depuis l’enfance à ce que l’Etat ou ses parents prennent tout en charge sans qu’elle ait vraiment à fournir de gros efforts, cette population est prise de paranoïa chaque fois qu’on lui demande de « se secouer un peu ». Elle se met alors à détester les méchants gouvernants, autoritaires et « fascisants », qui refusent de continuer à satisfaire ses caprices ou osent lui dire qu’il faudra modérer sa gloutonnerie et pour le moins, changer quelques-unes de ses habitudes.

Une démagogie effrénée s’empare alors des partis d’opposition, des syndicats et des associations bien-pensantes … et les gouvernements changent de droite à gauche puis de gauche à droite au gré des élections successives prises comme la mesure des hauts et des bas des humeurs de notre petit bourgeois. La gauche en effet, formule et met en œuvre (à demi seulement !) les recettes-miracle de la bien-pensance et la droite n’ose pas (à demi encore !) aller contre cette même bien-pensance ! L’esprit public alors s’amollit et le peuple ricane, récrimine et perd confiance tandis que les extrêmes (droite et gauche) ainsi que les écologistes (béats et/ou totalitaires) prospèrent sur des raisonnements simplistes et avancent des solutions fausses et souvent dangereuses à de vrais problèmes.

Et pourtant, la problématique n’est pas nouvelle. Déjà, dans les années 80-85 à la fin de la période de folie mitterando-attalienne, et pendant que Jacques Delors s’efforçait (à moitié seulement puisqu’il était socialiste) de remettre la machine économique sur le droit chemin, l’opposition d’alors préconisait de redynamiser l’économie par la réduction des prélèvements sur l’économie et donc la rationalisation des dépenses de l’Etat et du fonctionnement du secteur public. On ne parlait pas encore de l’urgence de la dette mais l’avertissement était clair ! On savait donc déjà ce qu’il ne fallait pas faire et pourtant, la dette étant facile à faire et à  gérer, on a continué pendant des années à faire toujours plus (à gauche) ou moins (à droite) de déficit public.  Ce n’est que depuis quelques années que le gouvernement (de droite) s’est attelé concrètement, après le lamentable « refus-suicide du peuple syndiqué de 1995 » et les lubies sociales jospiniennes de 1997 à 2002, à une timide harmonisation des avantages sociaux entre fonction publique et secteur privé (2003) et à une remise en cause plus significative d’avantages acquis en reculant de deux ans l’âge légal de la retraite en 2010 ! C’était la première fois qu’un gouvernement osait tenir contre la vindicte populaire artificiellement montée par les partis laxistes et les syndicats ! Ce n’est qu’un début et il faut continuer le combat en veillant à ce que les sacrifices nécessaires soient le plus justement répartis possible. Beaucoup reste à faire et ce sera encore plus dur si nous avons la faiblesse d’attendre !

 

Sur le deuxième point, nos journalistes et commentateurs s’emploient avec frénésie, la plupart avec beaucoup d’hypocrisie, et les plus bêtes avec bonne conscience, à asséner un discours convenu, bien installé dans la bien-pensance et la médiocrité régnantes, qui conforte nos auditeurs/lecteurs, consommateurs/électeurs dans leurs frustrations et leurs peurs existentielles, leurs fantasmes passagers, leur égocentrisme et leur désintérêt pour la société dans laquelle ils vivent.  Ils  se passionnent alors pour les derniers faits divers sociétaux : attentats, crimes en tout genre, mal-être de fonctionnaires qui refusent le changement au travail, mariages princiers, squats d’immigrants illégaux, petites phrases ou frasques de politiciens, paroles de ministres sorties de leur contexte, rumeurs de turpitudes sans preuve, etc…. Certains journaux et les media internet (Mediapart en France , Wikileaks ailleurs …) se sont érigés en « inquisiteurs » spécialisés dans le scandale à bon marché qu’on enfle à plaisir pour faire des auditeurs ou des lecteurs. La plupart des autres media vont dans le sens du vent pour cette même raison. Le ricanement et la dérision s’installent en prenant la position centrale dans la ligne éditoriale. Le succès des « humoristes » qui envahissent radios et télévisions, confirme ce phénomène de déliquescence éditoriale et de « morosification » des foules car comment faire rire (ou sourire !) auditeurs ou téléspectateurs sinon en allant dans le  sens du vent dominant et des obsessions ou frustrations les plus répandues ?

Etant toujours dans l’urgence d’écrire ou de parler, ils n’ont pas le temps d’approfondir ni de prendre le recul nécessaire afin de ne pas dire n’importe quoi. Ils alimentent ainsi le désarroi et la morosité d’un peuple qui se croit déjà malheureux  et l’enfoncent dans la désespérance au lieu de lui montrer quels sont les tenants et aboutissants des problèmes qu’il doit affronter et ainsi lui redonner l’espoir d’une solution et le courage de la mettre en œuvre . Très peu en fait, cherchent à informer le peuple et à lui montrer la voie.

Il est vrai que faire cette lumière sur les évènements et les remettre dans une perspective historique et dans leur contexte, demande du temps, de l’expérience et de la sagesse. La plupart des journalistes n’ont pas le temps ni l’expérience, ils sont jeunes et pressés. Quant aux plus âgés qui ont plus d’expérience ou de sagesse, ils en viennent trop souvent à pontifier ou à radoter sans vraiment mettre à jour leurs fichiers !

Les  journalistes rejoignent donc nos chers intellectuels dans le monde de la parole où il n’y a jamais de sanction à la légèreté ni à l’irresponsabilité, bien au contraire car cela rend plus pétillant et plus brillant aux yeux des mondains ! Il n’y a  en effet, de responsabilité du journaliste qu’à l’égard du conformisme et de la « vérité » du moment que sa direction et ses confrères lui reprocheraient vivement de déflorer ! …. Ils sont à l’opposé de l’homme d’action, du politique qui doit rendre compte au peuple ou de l’entrepreneur qui doit satisfaire à la fois ses actionnaires et ses salariés. C’est là qu’est la véritable injustice !

 

Notre moderne politiquement correct en effet, est l’avatar des idéologies mortes dont on n’a conservé que les idées, affirmations et comportements les plus vendables à la masse moyenne c’est à dire les plus simplistes, mais en prenant soin de les réactiver par la grâce de la nouvelle religion des bons sentiments. Il imprègne à tel  point l’esprit public qu’il aliène le jugement de trop de nos concitoyens et fausse jusqu’à l’esprit de nos « intellectuels » les plus adulés et de la majorité de nos « faiseurs d’opinion(s) ».

On peut d’ailleurs se demander ce que ces derniers vont devenir dans le déferlement de « l’opinion internet ». Les journaux classiques, papier, radio, télévision, vont-ils disparaître ?  Comment va-t-on pouvoir retrouver nos intellectuels c'est-à-dire distinguer les vrais des faux-penseurs, dans ce fatras en ligne ? Et surtout comment nos concitoyens vont-ils former leur  opinion, perdus dans le maelstrom de ces fragments d’information et de ces jugements tout-venant dispersés sur la  toile ?  Vont-ils devoir « auto-construire » leur information comme leurs enfants doivent « auto-construire leur savoir » à l’école déviante de la République « pédagogiste » ?

 

On peut légitimement être inquiet à cet égard mais en attendant que les choses se mettent en place, on peut aussi être légitimement fatigué des complaintes permanentes des bonnes âmes, reprises par les professionnels de l’agitation politique, syndicale voire « révolutionnaire » qui veulent obstinément faire croire au citoyen européen moyen, qu’il est très malheureux et absolument brimé par ses gouvernants. Au lieu de perdre leur âme en affolant les « masses », en cultivant leurs angoisses, ces professionnels feraient mieux de s’en faire l’éducateur en leur redonnant confiance. Nous sommes en effet, dans un mouvement mondial d’adaptation permanente du fait de l’émergence et donc de la concurrence du monde en développement : la refuser serait disparaître, il faut en atténuer les chocs autant que possible mais il est vital de faire face. Or, on les voit partout, essayer de bloquer des réformes nécessaires et critiquer les mesures prises pour remettre l’économie en ordre de marche et sauvegarder l’emploi, au lieu de prendre leur part de responsabilité et faire œuvre de salut public en participant à l’effort commun d’explication aux peuples !

 

Bien sûr, il y a des riches qui ne méritent pas de l’être autant que d’autres et des pauvres qu’on doit mieux protéger … mais pour qui connaît la situation des riches et des pauvres dans le tiers monde, il y a quelque chose d’indécent dans la contemplation de lui-même où se complaît notre petit-bourgeois occidental moyen, abusé et déprimé par ses mentors culturels, politiques et syndicaux.

Bien sûr, il faut faire preuve de beaucoup d’empathie avec nos concitoyens dans le besoin et leur assurer le filet de sécurité qui leur permettra de passer un mauvais cap avant qu’ils ne reprennent leur destin en mains. 

Mais rien n’est plus démotivant pour les individus et nuisible à la société dans son ensemble, que de se laisser aller à une compassion excessive qui aboutit généralement à créer la morosité puis la passivité engendrant bientôt mécontentement et récriminations stériles. Le processus est le même dans tous les pays, développés ou en développement, quand l’aide par trop de compassion et trop peu de fermeté, se transforme en assistance puis en « assistantialisme » qui ne fait qu’entretenir le cercle vicieux de la pauvreté et de la dépendance.

 

Dans ce contexte, le penser-faux et l’agitation politico-mondaine, les contre-vérités et poncifs de notre intelligentsia comme de ses consœurs européennes et américaines deviennent insupportables. Comme ceux du temps de Socrate, nos nouveaux sophistes corrompent la jeunesse, à la fois par le poison d’idéologies primaires et faciles à brailler dans les manifestations (« les riches paieront ») et par la drogue des bons sentiments dont s’enivrent nos « bobos »* politiquement corrects. Comme eux, ils accusent Socrate mais au bout du compte, Socrate est resté, eux ont disparu ! ( * bourgeois-bohème : un bobo est un consommateur « citoyen » avec des idées « libérales » au sens américain du mot et une certaine préoccupation pour les modes environnementales … il affecte de vivre dans des quartiers populaires à condition, bien sûr, qu’il puisse y jouir de l’espace et du confort qui conviennent !)

 

Au bout du compte, le peuple est désorienté et n’a pas d’idée claire sur ses heurs et malheurs fantasmés ou réels, actuels ou potentiels puisque tout le monde (les « experts » en particulier !) lui dit tout et son contraire. Faute que les thuriféraires de la bien-pensance et du penser-faux à gauche et ceux qui n’osent pas aller  au bout de leur « mal-pensance » à droite, lui fournissent une réponse immédiate à ses problèmes (car le petit-bourgeois veut tout, tout de suite !), il se réfugie dans l’abstention ou la contestation en refusant de voir que l’évolution du monde ne lui permet plus ses caprices de gosse de riches mais exige de lui de gros efforts d’adaptation ! Et personne ne l’aide vraiment à comprendre qu’il lui  faut suivre un traitement pour rétablir sa santé !

Malgré cette attitude infantile de leur électorat, et parce qu’ils ne peuvent plus reculer, les Gouvernements commencent à tenir bon ! La France par exemple, est en train de faire un effort gigantesque pour surmonter la crise financière de 2008/2009 puis celle de la dette publique de 2010/2011 et grâce à un difficile dosage de mesures économiques, sociales et financières, elle replace progressivement son économie en situation de compétitivité tout en préservant un niveau  de protection sociale parmi les plus élevés du monde : mise à niveau des services publics en matière de ratio de coût/efficacité, réforme des cartes scolaire, hospitalière, judiciaire, réforme des universités, réduction des déficits publics et stabilisation de l’endettement, défense de l’euro et solidarité monétaire européenne, initiatives au G 20 sur les équilibres monétaires, commerciaux, financiers,  les matières premières, le climat, etc… .

Après  la légère récession de 2009 en France, beaucoup plus forte en Allemagne, en Grande Bretagne ou en Espagne, l’économie a largement rattrapé son retard en 2010 et 2011 mais la crise languissante des dettes publiques (européennes mais  aussi américaine) a fragilisé cette reprise en ébranlant la confiance des entreprises, des investisseurs et des particuliers. L’année 2011 sera donc moins brillante que prévu initialement et les prévisions pour 2012 plus « prudentes » même si elles restent positives.  Le défi pour les gouvernements est donc de rétablir la confiance à court terme pour bloquer les expectatives actuellement négatives des « marchés » et inciter les acteurs économiques à reprendre le chemin de l’investissement et de la consommation, et à plus long terme, rétablir les équilibres budgétaires à des niveaux qui permettront le désendettement progressif sans casser la dynamique économique d’ensemble. 

Espérons donc que les peuples européens ne se laisseront pas abuser par ceux qui les entretiennent dans l’illusion de la facilité et lui mentent au sujet des combats à venir  et que les « mal-pensants » sauront persévérer tout en leur redonnant espoir et confiance en leur avenir, celui de leur pays et celui d’une Europe diverse mais capable d’agir vite et fort dans le  tourbillon du monde actuel.

En fait, tout est dans l’équilibre que chacun veut bien concevoir et arranger entre « générosité, liberté et compassion » d’un côté … « responsabilité, effort et équité» de l’autre, bref entre la parole  et l’action, les intentions et les réalisations. C’est une antique querelle que les philosophes et les politiciens n’ont pas fini de vider. Contrairement au catéchisme qu’un angélisme bien-pensant issu des théories confuses de l’ère post-idéologique, voudrait nous imposer, l’individu aussi est responsable et la société ne lui doit pas tout. Les carences de la seconde n’excusent pas les fautes du premier : la société doit donc être réformée quand il le faut et les individus rappelés à leur devoir quand c’est nécessaire.

Savoir maintenir ce subtil équilibre est l’honneur et le très difficile labeur des politiques.  Il faut dire que les « intellectuels » ne les aident guère par leur « intelligence » des choses de ce monde et que trop de journalistes préfèrent penser qu’ils « font l’opinion » en allant dans le sens du vent plutôt que sacrifier au labeur plus humble mais plus méritant d’informer  les gens sans orienter l’information par des a-priori personnels ou idéologiques ! Ne serait-ce pas là, une conception plus noble de la mission des journalistes du service public de l’information que d’accompagner les grèves et joindre leur voix au chœur des lamentations ?

 

Simone Weil évoquant les contradictions de l’homme, avec sa part divine et sa part étrangère à Dieu,  disait : « …. améliorez le sort matériel du peuple et vous  risquez d’altérer son âme, dévouez-vous entièrement à quelqu’un et vous cessez d’exister pour lui, etc …. Seul le bien imaginaire ne comporte pas de contradiction : …. le réformateur social qui rêve le bonheur du peuple ne se heurte à aucun obstacle tant qu’il ne passe pas à l’action ; il vogue  à pleines voiles dans  un bien pur mais fictif ; le choc  contre l’écueil est le signal du réveil … ».

Nous y sommes ! Nous avons pratiquement réussi à créer une société à classe unique moyennement enrichie dont l’âme est effectivement  altérée par la peur de perdre ses acquis et que ses penseurs et faiseurs d’opinion entretiennent dans la rêverie d’un droit au bonheur sans effort et sans  responsabilité  … et nous voilà sur l’écueil ! Il faut en effet, se réveiller !

Et dans le sillage des réflexions de Nietzsche sur la nature humaine, Ernst Jünger, honnête homme allemand et  européen du 20è siècle, penseur et guerrier à la fois, critique lucide mais optimiste quant à la capacité de l’Europe à se reconstruire après la guerre, décrit ainsi le processus de « médiocrisation » de l’homme qui allait devenir l’archétype de notre désespérante société de petit-bourgeois :  « bien qu’il ne soit pas dépourvu de lieux communs spécieux, il sera dispos, intelligent, actif, méfiant, sans amour pour les belles choses, dénigreur par instinct des types et des idées nobles, attentif à ses avantages, épris de sécurité, docile aux propagandes, enflé de théories philanthropiques, mais tout aussi enclin à recourir à la contrainte pour peu que ses proches et ses voisins ne se plient pas à son système ». Le constat d’aujourd’hui vérifie la vision d’après-guerre. Mais dans son ouvrage La Paix,  il ajoute de façon plus positive à propos de l’Europe : …  « voici venue l’heure de la réunion, celle où l’Europe, se fondant sur le mariage de ses peuples, est en demeure de se donner sa grandeur et sa constitution …plus ancien que la couronne de Charlemagne etc… … ». 

Il n’y a rien à ajouter dans la description du « bobo » bien-pensant, geignard et velléitaire d’aujourd’hui mais la prémonition de la réunion de l’Europe et de sa grandeur nous redonne espoir de transformer notre « bobo » en européen responsable et capable de sublimer sa civilisation en la portant en tête du mouvement général de renouveau des civilisations du monde.