Balayer les complexes des relations Nord-Sud



La Conférence de Copenhague sur le climat a été emblématique de l’état actuel des relations Nord-Sud … tous doivent se débarrasser de leurs complexes pour voir l’avenir de façon plus constructive

Les « Conférences climat » depuis celle de Rio (1992) jusqu’à celles de Copenhague (2009), Cancun et Durban (2011), ont permis à l’Europe de démontrer sa bonne volonté avec ses engagements de Kyoto en 1997 (réduction des émissions de gaz à effet de serre) et d’amener les émergents à reconnaître qu’ils doivent eux aussi, faire des efforts dans ce sens sans cependant qu’ils soient encore chiffrés. On avance donc un peu mais les Etats-Unis font preuve de beaucoup  trop de mauvaise volonté à cet égard ! La problématique est désormais la suivante :

-          On peut éventuellement considérer comme acceptable la position de la Chine et de quelques pays en développement à propos des responsabilités des pays développés en ce qui concerne le stock de gaz à effet de serre accumulé pendant les dernières décennies, c'est-à-dire avant  que les pays en développement ou émergents ne se hissent au rang de premiers pollueurs de la planète.

-          Mais on peut aussi leur rétorquer que leur développement présent aurait été impossible et leur développement futur inenvisageable sans les connaissances scientifiques et techniques que les pays développés ont accumulées depuis cinq cents ans par leur inventivité et leur travail et dont les plus « émergents » des pays  en développement profitent maintenant pleinement … et parfois sans retenue.

-          Il ne saurait donc y avoir pour l’avenir, de responsabilité, de dette morale ni de culpabilité des uns plus que des autres. Il y a une responsabilité de tous et tous doivent faire l’effort de consommer et de produire dorénavant de façon responsable et durable dans un monde désormais clos qu’il va falloir protéger en consommant mieux et moins « sale » …. Evitons toutefois, de tomber dans les travers prosélytes au parfum totalitaire de l’écologisme et du malthusianisme propres  aux sectateurs de la nouvelle religion écolo.

-          On en revient donc toujours, et en particulier dans le domaine du développement durable et de la coopération/développement, aux concepts de partenariat et de co-responsabilité et aux principes de co-décision et co-gestion que l’UE avait mis  en œuvre avec bonheur avec les pays d’Amérique latine et d’Asie mais qu’elle a abandonnés au tournant des années 2000. C’était l’époque où la communauté des bailleurs/donateurs s’est mise à croire angéliquement que ses « partenaires » pouvaient devenir subitement responsables et efficaces par la seule magie du « verbe » et des bonnes intentions de la Déclaration de Paris, du Consensus européen et de l’Accord d’Accra.

 

Le monde jusqu’à la Renaissance avait connu une sorte de développement séparé de plusieurs grandes civilisations qui n’entretenaient que peu de contacts à part celles du pourtour  méditerranéen.  L’Europe depuis cette époque, a progressivement étendu sa domination au  reste du monde parce qu’elle a développé des savoirs et maitrisé des techniques qui lui ont permis d’ériger le progrès économique et social en perspective incontournable de l’humanité tandis que les autres peuples se sont endormis sur leur culture et leurs modes de vie ancestraux.

Il serait malvenu de le reprocher à l’Europe au moment où son « modèle » est devenu universel et où il s’avère le seul capable de faire face au défi démographique et d’inventer les solutions pour un développement durable et juste au niveau planétaire.

En effet, le reste du monde s’éveille et réclame maintenant sa part. L’Europe ne demande qu’à l’aider en le faisant profiter des ses avancées scientifiques et techniques … mais de grâce, qu’on ne lui réclame pas cette aide comme si c’était un dû !

La tutelle coloniale a cessé depuis plus d’un demi-siècle et les élites des pays en développement ne sont plus excusables de ne pas gérer « proprement » leurs affaires. Assez de récrimination et d’arrogance de part et d’autre, mettons-nous sérieusement au travail ! Le G 20 constitue maintenant la nouvelle enceinte de coopération politique. Espérons que ses prochaines réunions  permettent de concevoir et mettre en place un cadre harmonieux de gestion des affaires du monde.

Ces propos ne sont, certes, pas très « corrects » mais le développement à venir des trois quarts de l’humanité et le progrès du quart le plus avancé (à savoir le nôtre !) réclament maintenant moins d’angélisme (ou de cynisme) politique. Il faut construire un véritable partenariat pour le développement et ne plus se satisfaire de mots et de faux-semblants, un partenariat assumé sereinement par toutes les parties à part égale de responsabilité. Sinon, ce sera la confrontation alimentée par les rancœurs d’un passé souvent fantasmé ! La Chine et les autres pays en développement devront faire un gros effort de réajustement interne au plan politique, économique, social et environnemental. L’Occident, et l’Europe en particulier, sont disposés à leur  faciliter la tâche financièrement et par leur technologie comme ils l’ont fait depuis des décennies … mais il faudra changer la manière !