Les problématiques des Etats et l’équilibre du monde



Leurs problématiques sont diverses mais les Etats européens devront converger dans une vision commune du futur de l'Europe pour faire face aux  défis que l'on traite entre les puissances dans la nouvelle enceinte du G 20

 

En France

Après le « happening »  de la réforme des retraites à l’automne 2010, le « français protégé » est en train d’ouvrir les yeux. Tout est maintenant rentré dans l’ordre et les français se sont remis à travailler normalement mais les « minorités manifestantes » ne semblent toujours pas vouloir comprendre que le monde n’est plus celui d’avant-guerre ni même celui des années cinquante ou soixante. Les masses laborieuses d’antan sont devenues des amalgames hétéroclites d’individus et de groupes sociaux au comportement de petit-bourgeois enrichis mais décidément insatisfaits d’un sort que leurs parents pourtant, n’imaginaient même pas dans leurs rêveries les plus folles. Ils font figure de nantis accrochés à leurs avantages ou privilèges, au regard des vrais pauvres, ceux du monde en développement qui les contemplent avec étonnement et envie (pas encore avec méchanceté ni haine !) depuis leurs bidonvilles désolés loin des forteresses sociales, statutaires et syndicales sécurisées du monde développé.

La France est en Europe et a fortiori dans le monde, un des pays sinon le pays qui a su trouver le meilleur équilibre entre dynamisme économique et compétitivité d’un côté, protection sociale de l’autre. Il faut en effet, produire et investir avant de pouvoir éduquer, soigner, verser des pensions de retraite et de chômage, subventionner les divers services sociaux,  etc… Tout ceci a été mis en œuvre par le Gouvernement du général de Gaulle à la Libération en vertu d’un consensus national et social que le Conseil de la Résistance avait formulé.

Le système français de protection sociale a été progressivement étendu au point qu’il  couvre maintenant pratiquement tout le monde sur le territoire français qu’il ait cotisé ou non, qu’il soit français ou non, qu’il travaille ou non. Bref, le système français est devenu un système de protection quasi-universel tant en ce qui concerne les bénéficiaires que les risques couverts. L’éducation est gratuite même aux niveaux universitaires, les soins sont remboursés jusqu’à 100% en cas de maladie grave, les retraites sont versées à partir  de 55 ou 60 ans (ce qui a déclenché les fureurs syndicales de l’automne passé était le  simple fait de porter l’âge de la retraite à 57 ou 62 ans !!!), les allocations de chômage atteignent  des niveaux assez proches de celui des salaires et sont versées pendant plusieurs années, etc…, etc… Bref, le système français est très généreux et en tout cas, beaucoup plus généreux  que celui de la plupart des pays européens … sans évoquer bien sûr, celui des Etats-Unis, du Japon, de la Russie ni celui des pays émergents où la protection sociale est pratiquement inexistante.

Cela est bien ! mais il faut quand même préciser qu’une frange très importante de la population française (un français sur trois environ employé dans la fonction publique et autres secteurs protégés par un « statut ») bénéficie d’un régime de sur-protection largement injustifié qu’elle n’a pu obtenir que grâce au chantage exercé par ses syndicats sur des gouvernements qui n’ont pas eu le courage de dire « non » (garantie de l’emploi, avancement à l’ancienneté plutôt qu’au mérite, retraite précoce calculée au dernier niveau de traitement, avantages congés, assurances complémentaires et remboursements sociaux, horaires très doux, etc…, etc….).  Cela, non seulement coûte cher en prestations mais surtout handicape irrémédiablement la productivité du service public et enfin, crée une injustice flagrante avec le secteur non protégé, c'est-à-dire les salariés du secteur privé, qui n’ont pas les moyens d’opérer le même type de chantage du fait qu’ils sont soumis à la concurrence !

 

Les laxismes accumulés du système français ont conduit l’Etat à s’endetter pour couvrir jusqu’à ses frais de fonctionnement et à ponctionner toujours plus l’économie française lui faisant perdre chaque année, un peu de sa compétitivité.  Le phénomène s’est accéléré au cours des vingt dernières années au point qu’il devient vital de prendre des mesures énergiques pour remettre l’économie en ordre de bataille et éviter que « la crise » résultante n’emporte tout le système y compris les parties que l’on doit sauvegarder.

La gestion de la dette française devenant moins facile et plus chère à mesure que la crise des dettes européennes s’amplifie, le Gouvernement a dû au cours de l’année 2011, réajuster à deux reprises les prévisions de recettes et dépenses budgétaires pour suivre l’évolution de la situation économique avec pour objectif final de réduire les déficits publics conformément aux engagements pris de revenir à un déficit de moins de 3 %  du Produit Intérieur Brut en 2013.

La  stratégie suivie par le Gouvernement français est de procéder à un dosage équilibré de mesures de relance (plan d’investissement de 2009 en cours d’exécution) ou concernant le pouvoir d’achat (réajustement des salaires minimum et pensions) pour ne  pas casser une reprise chancelante après la crise de 2008/2009 et de mesures de réduction ou stabilisation des dépenses publiques (diminution des transferts aux  collectivités territoriales trop dépensières, freinage des dépenses maladie, augmentation « 0 » du budget de dépenses de l’Etat, …) ainsi que d’augmentation des recettes fiscales (réduction des « niches » fiscales, gel des barèmes d’imposition, nouvelles tranches d’impôts sur le revenu et sur les successions, alignement des niveaux de taxation des revenus du patrimoine et des salaires, augmentation de la taxation des plus-values, augmentation à 7% du taux  minimum de TVA,  etc…).

Par ailleurs, à côté  des mesures concernant les recettes et les dépenses publiques, l’Etat a engagé un processus d’échange  avec les partenaires sociaux pour prendre des décisions concernant la flexibilisation et la sécurisation du binôme emploi-rémunération en fonction des aléas de la production des entreprises. La compétitivité et la réactivité des entreprises françaises en dépendent et donc l’emploi  et l’investissement à terme. La  crise aura donc été le  déclencheur  d’un échange auquel les parties concernées auraient dû se livrer depuis longtemps. 

 

Ceci évidemment ne plaît à personne mais qu’on s’en indigne ou non, nos dérisoires caprices de gosses de riches deviennent insupportables face à l’enjeu. Il faut savoir si nous souhaitons sauvegarder notre système de protection sociale et conserver l’emploi en France en faisant un minimum d’effort pour revenir à une gestion équilibrée et durable des comptes publics et mettre les entreprises en situation de gagner des marchés ou  si nous préférons brûler le système en refusant  tout changement !

 

Attention  Danger ! : les vrais pauvres, ceux du monde en développement, se transforment sous nos yeux en concurrents redoutables et nous obligent déjà à accélérer le tempo ! D’où la scandaleuse malhonnêteté des élites bien-pensantes qui, très jésuitiquement, poussent les manifestants et en particulier les jeunes dans la rue, au mépris des plus élémentaires réalités qu’elles connaissent parfaitement mais qu’elles veulent ignorer par idéologie ou taire par démagogie.

 

En Grande Bretagne

Le gouvernement britannique de son côté, a publié en Octobre 2010 des prévisions budgétaires réduisant considérablement les dépenses de l’Etat (nombre et salaires des fonctionnaires, équipements, dépenses sociales) et augmentant significativement ses recettes fiscales. Il s’agit de faire face à la situation financière délicate de l’Etat et du système bancaire britanniques qui se sont eux-mêmes, mis en danger en tolérant voire en favorisant les excès d’un libéralisme économique et financier débridé où crédit et endettement étaient devenus les deux mamelles de la  gestion de l’Etat aussi  bien que de la consommation des ménages britanniques.  Seuls échappent à la hache, les services de santé dont on accepte  un léger accroissement du budget.

Les britanniques semblent accepter plus facilement que les français, les efforts qu’on leur demande … et pourtant la cure d’austérité mise en œuvre est autrement plus violente en Grande Bretagne qu’en France ce qui semble justifié par l’ampleur de la crise britannique (endettement très lourd des personnes privées, banques très fortement secourues par l’Etat et la Bank of England, déficit public et endettement très élevés, …).  Cette annonce n’a jusqu’ici, provoqué qu’un seul grand mouvement de protestation syndicale et populaire, assez violent il est vrai. A suivre cependant, car si les anglo-saxons sont généralement moins démonstratifs que les français et les autres latins, les souffrances des remèdes qui leur sont appliqués, pourraient les faire bientôt s’agiter plus intensivement sous la douleur.

Dans un tout autre domaine et comme un signe de la “nécessité”, nous venons d’assister à la signature d’un accord militaire entre la France et la Grande-Bretagne qui pourrait devenir fondateur pour l’Europe future : les deux pays  ont décidé fin 2010, de coopérer non seulement en matière de développement d’équipements pour leurs forces terrestres, navales et aériennes mais aussi pour la maintenance et éventuellement la recherche en matière de forces de dissuasion nucléaire. Ceci dépasse de beaucoup le simple objectif de réduction des dépenses publiques bien que ce dernier ait pu en l’occurrence, en être l’aiguillon. Il s’agit aussi d’une ouverture vers une défense européenne pour peu que les deux pays persévèrent loyalement dans leur collaboration et que d’autres les rejoignent bientôt. Ce serait là une vraie dynamique pour une future Europe-puissance ! Ceci suppose bien sûr, que les britanniques se convertissent à ce concept en préférant définitivement l’Europe au grand large et en acceptant l’idée que l’Europe militaire puisse exister en dehors de l’OTAN tout en restant fidèle  à l’alliance américaine qui pour la France (rappelons-le  à nos amis anglais !), s’est nouée dans les combats pour l’indépendance américaine et a perduré depuis  lors !

L’intervention en Lybie du printemps et de l’été 2011 a servi de test positif à l’accord  de 2010 par une fraternité d’armes renouvelée.  Il conviendrait que les autres aspects de l’accord soient rapidement mis en œuvre malgré les restrictions budgétaires respectives pour que vive vraiment l’accord franco-britannique sur le plan militaire … et ceci même si la Grande Bretagne a décidé de ne pas prendre sa part de l’Accord du 9 décembre 2011 à propos de l’euro et du gouvernement économique de l’Europe (il ne faut pas hésiter à voir loin pour l’Europe future en espérant que nos amis britanniques se convertissent bientôt à une vision de l’Europe plus large que l’intérêt immédiat de leur place financière ).

 

Du côté allemand

Le gouvernement allemand poursuit l’effort de contention des dépenses publiques qu’il a initié il y a dix ans. La constance et le sérieux de l’Allemagne dans la  gestion de son économie et de ses finances doivent être salués mais l’Allemagne ne doit pas oublier qu’elle ne peut vivre sans les autres pays européens qui sont ses plus gros clients. Sa vertu en effet, ne la dispense pas du devoir de solidarité européenne ainsi qu’elle a voulu très égoïstement s’en défausser au printemps 2010, au moment de la « crise grecque » et récidivant à l’automne à propos de l’Irlande, aux dépens même de ses propres intérêts à long terme.

Cependant, à mesure que la crise avançait, la position allemande a lentement mais beaucoup évolué ! Le mérite en revient probablement d’abord à la pression exercée par l’aggravation rapide de la crise elle-même sur les esprits allemands mais aussi sans doute pour une bonne part, à la pression continue et opiniâtre du Président français (et aussi du Président de la Banque Centrale) qu’il faut remercier de ne pas s’être découragés devant l’obstination quasi obsessionnelle de leurs interlocuteurs allemands.  Ceux-ci en effet, traumatisés à deux reprises au XXè siècle par les débâcles monétaires des après-guerres, ne pensent et ne jurent qu’en termes de stabilité monétaire et de rigueur budgétaire, ces deux aspects étant évidemment intimement liés. Etant devenus des intégristes de la « monnaie-forte », il était très difficile d’obtenir d’eux les assouplissements qui s’ils avaient été décidés au tout début de la crise grecque, auraient peut être permis d’éviter le psycho-drame 2010-2011 de la défiance des marchés à l’égard des dettes européennes. Cela a été très long mais les allemands ont fini par accepter ce qu’ils refusaient au départ : l’aide à la Grèce puis au Portugal, l’élargissement des interventions de la Banque Centrale, le gouvernement économique, le Fonds de Stabilité puis le Mécanisme Européen de Stabilité, etc…

En contrepartie, le Président français a accepté de revenir à une gestion rigoureuse des dépenses publiques et à une discipline budgétaire stricte que l’Allemagne réclamait pour garantir la solidité de la monnaie commune. La France et la plupart des pays européens en effet, s’étaient laissé aller depuis trop longtemps aux facilités du laxisme monétaire et budgétaire  alors que l’Allemagne avait fait depuis une dizaine d’années un gros effort d’assainissement de sa gestion budgétaire avec ses implications économiques et sociales.

Les deux pays se sont ainsi rejoints sur la nécessité de solidarité et d’entraide entre membres de l’Eurozone à condition que chacun respecte la discipline budgétaire minimum et qu’un dispositif institutionnel permette d’en contrôler la réalité et éventuellement d’en sanctionner l’inexécution. L’Accord de Bruxelles du 9 Décembre 2011 promu par la France et l’Allemagne a ainsi reçu l’aval de tous les pays de la zone euro et de la plupart des membres de l’Union à l’exception de la Grande Bretagne qui, encore une fois, a préféré jouer sa propre partition au nom des intérêts de la place financière de Londres !

 

Il semble que le gouvernement et le peuple allemands aient maintenant compris où se trouvait leur intérêt à plus long terme c'est-à-dire avec celui de l’Europe toute entière en commençant par la zone euro. Il n’est pas sûr qu’ils aient encore bien compris ni qu’ils aient l’ambition que cet accord franco-allemand soit fondateur d’une Europe-puissance dont l’avenir et le destin seraient de jouer un rôle majeur dans les affaires du monde futur.

 

Dans les autres pays européens

Il y a certes, beaucoup à apprendre des « sages pays du nord » dans certains domaines du champ économique ou social mais il est sans doute illusoire de penser que toutes leurs solutions puissent être d’application concrète dans les pays plus grands ou dans les pays méditerranéens dont l’idiosyncrasie est si différente.

Ces derniers sont les héritiers d’une antique civilisation où le sérieux n’est pas toujours aussi constamment considéré comme la matrice essentielle de la vie mais où la légèreté et la vivacité compensent souvent son absence momentanée. Le bon sens et finalement, le peu d’appétence des peuples latins pour les excès ou la démesure finit en général par l’emporter. On peut donc raisonnablement espérer que les politiques sévères de redressement engagées par les pays méditerranéens bousculés par la crise et par l’amicale pression de leurs partenaires de l’euro, soient effectivement menées à terme avec succès.

Quant aux pays d’Europe centrale et orientale qui ont rejoint l’Union récemment, ils sont encore en période d’adaptation politique en raison de leur malheureuse expérience de l’ère « socialiste soviétique », et ils devront poursuivre leur mise à niveau socio-économique pendant encore de nombreuses années.

Les situations respectives sont donc très différentes entre les différents groupes d’Etats-membres et la convergence prendra encore beaucoup de temps même en ne parlant que des aspects économiques au sens large. Or le monde continue d’avancer et l’Europe dans l’état actuel des compétences et capacités de ses institutions, ne peut actuellement répondre à ses défis que par le biais de l’un ou l’autre de ses Etats-membres qui, individuellement et même pour les plus grands, risquent de ne plus peser bientôt d’un poids suffisant pour influer de façon décisive sur les choix mondiaux. C’est pourquoi, il faut ouvrir très rapidement l’option d’une harmonisation/intégration plus complète et très rapide des politiques des Etats-membres qui voudront aller de l’avant, pressés comme ils le sont par la nécessité de faire rebondir l’Europe dans la conjoncture actuelle et par l’urgence de commencer à construire « l’Europe-puissance » du futur. 

 

Les défis du G 20

Le G 20 depuis 2008, est appelé à  devenir le maître d’œuvre des grands équilibres monétaires, commerciaux et financiers du monde en appelant les peuples et leurs gouvernements à mieux gérer leurs trésoreries respectives, privées comme publiques. Ils devront pour cela, réfréner leur gloutonnerie de consommation à crédit. Les organismes compétents devront mieux contrôler les flux financiers erratiques et « réguler » plus strictement les flux commerciaux pour mieux tenir compte des paramètres sociaux qui faussent la concurrence entre les grands blocs économiques, et prendre en considération les facteurs environnementaux et de disponibilité (ou substitution) des ressources naturelles qui peuvent à plus long terme mettre en péril le bien-être futur de l’humanité.  

Les Etats-Unis et la Chine sont à cet égard en première ligne des efforts à faire, les premiers pour calmer leurs consommateurs trop endettés et ne pas faire payer leurs excès par les autres pays en laissant filer leur monnaie au prétexte de relancer leur économie, et la seconde pour s’occuper du « développement durable » de sa consommation intérieure plutôt que de submerger ses partenaires commerciaux de produits à bas prix ou de technologies plus ou moins « piratées » qui ne respectent pas les règles et les normes du commerce international tout en profitant outrageusement d’une monnaie sous-évaluée. Il en résultera une croissance moins vive mais rééquilibrée, plus durable et socialement plus acceptable pour le plus grand bonheur  de tous.

L’Europe quant à elle, ne doit pas se laisser abuser par la vertu supposée d’un libéralisme et d’un libre-échangisme érigés en dogme par elle-même. Elle a développé un modèle socio-économique qui fait une balance assez juste (plus juste en tout cas que celle des Etats-Unis ou du Japon et bien évidemment, de la Chine et des autres pays en développement) entre les préoccupations de protection sociale et les exigences de compétitivité.

Or ce modèle a coûté beaucoup d’efforts depuis des décennies de la part des Etats comme des entreprises et des salariés. Son équilibre est donc fragile et il souffre actuellement de la compétition sauvage des pays à bas salaires n’ayant pas encore ou peu encore développé de système de protection sociale. Il faudra donc si l’on veut préserver le système européen,  ménager une période de transition/adaptation qui permette de réduire les écarts compétitifs en s’organisant pour diminuer les coûts et améliorer la productivité en Europe d’une part, en assurant une meilleure protection aux frontières  lorsque ce sera nécessaire d’autre part. Le rééquilibrage se produira naturellement par le renchérissement des coûts de production dans les pays en développement lorsque ceux-ci devront mettre en place leurs premières ébauches de systèmes de protection sociale. L’intérêt des délocalisations s’estompera alors et les pays en développement se tourneront plus volontiers vers leur marché intérieur. Ils pousseront dès lors beaucoup moins frénétiquement leurs exportations en pratiquant le « dumping » social, monétaire et environnemental, qui fait leur actuel succès.

 L’Europe est le premier marché du monde.  Elle a donc des atouts de poids à faire valoir dans les négociations sur la régulation du commerce, des flux financiers et des monnaies ainsi que sur les éléments de base des politiques industrielles que devront mener les grands blocs. Elle a les moyens d’imposer son point de vue lorsque c’est nécessaire mais à condition qu’elle soit rassemblée.

Les animateurs du G 20 vont  devoir  beaucoup « prêcher », convaincre, et négocier sur les modalités d’organisation et de gestion de cette transition car tous les pays et d’abord les puissances du G 20 (y compris naturellement les pays émergents !) devront faire de gros efforts internes et des concessions pour éviter la guerre et assurer l’équilibre du monde au 21è siècle.

 Il faudra ajouter à la négociation, les paramètres de ressources disponibles et de « maintenance » environnementale de la planète qui conditionnent le développement durable de l’ensemble des économies du monde : l’adoption des quelques principes affirmés à la Conférence de Cancun sur le climat, est à cet égard encourageante (objectif de température + 2 ° à horizon 2050, efforts de limitation des émissions exigés de tous y compris des pays en développement et avec contrôle, 2è phase de Tokyo applicable aux pays développés, « fonds vert » de 100 milliards par an/à prélever sur l’aide existante ? ou à ajouter ?). Il est cependant évident que nonobstant les criailleries des Verts, alter-mondialistes et autres promoteurs  des nouveaux tabous, la limitation puis la réduction des émissions de gaz à effet de serre devront passer par un développement massif et urgent de l’énergie nucléaire car le développement des énergies renouvelables n’y suffira pas.  

Les écologistes n’en sont pas à une  contradiction près après avoir trouvé le Saint Graal des énergies renouvelables. Ces dernières en effet, ont un coût exorbitant, leur production ne peut être qu’intermittente et aléatoire (pas de vent ou pas de soleil donc pas d’électricité !) et elles sont très gourmandes en occupation de « l’espace naturel », à l’instar de l’aberration des bio-carburants.  Seul le nucléaire peut pour l’instant, satisfaire aux deux exigences de notre temps : assurer aux  masses du tiers-monde un accès durable à l’énergie à un coût raisonnable (il paraît difficile en effet, de leur prêcher la décroissance au motif qu’ils consommeraient trop d’énergie !!!), tenter de limiter au mieux le recours aux hydrocarbures et autres énergies à effet de serre, en attendant les réacteurs de quatrième génération qui brûleront la quasi-totalité de la matière et l’énergie de fusion qui ne produira pratiquement plus de déchets. 

Les hésitations allemandes et la récente officialisation du  renoncement de l’Allemagne au « nucléaire »  dans les dix années qui viennent, créent l’ambiguïté et, comme les années passées à propos de la crise de l’euro, ne facilitent pas la définition d’une politique commune européenne. On verra bientôt si le pari d’Angela Merkel est payant politiquement. Il ne l’est certainement pas économiquement ni financièrement et encore moins écologiquement puisqu’il faudra bien brûler plus d’hydrocarbures pour compenser les déficiences et intermittences éoliennes ou photovoltaïques après l’arrêt de la « base » de production nucléaire du pays.